Quel sera le rôle des enseignants dans 30 ans? Quelle formation devront-ils recevoir pour être en mesure de le tenir?
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Semaine 4 - Comment orienter dès aujourd'hui la formation des enseignants dans l'optique 2041 ?

Jean-François Jobin
108 days ago

Des outils sont disponibles, les intentions sont déclarées : il est donc possible de travailler dès à présent dans l'optique de l'école 2041 telle que nous l'avons évoquée. Que faire et comment s'y prendre?

Raymond Morel
107 days ago

Que penser de ce signet avant de rédiger la synthèse ?

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/bookmarks/read/150425/les-entreprises-dboulent-lcole

 

Raymond Morel
107 days ago

Et ça continue .....

 

Raymond Morel
107 days ago

Oui vraiment quelle opportunité ...

 

Futuribles, n° 379, novembre 2011, pp. 35-45

Le numérique à l’école en France

The Digital in French Schools

Alain-Marie Bassy

 

Résumé

Dans le dossier consacré, dans ce numéro, à l’école à l’ère numérique, Alain-Marie Bassy se fonde sur une analyse historique du cas français pour montrer comment le numérique a progressivement investi le système éducatif dans toutes ses dimensions. Tout d’abord, l’auteur rappelle que cette mutation s’est accompagnée d’une évolution sémantique très éloquente pour désigner ces réalités changeantes, avec l’émergence d’une terminologie un peu anachronique destinée à rassurer les enseignants (en particulier les plus âgés, souvent inquiets face aux technologies sans cesse renouvelées, et circonspects quant à leurs usages pédagogiques les plus pertinents et à la dextérité de leur manipulation par les élèves). L’auteur souligne les principaux bouleversements en jeu, en termes de fonctionnement de l’École, de gouvernance dans la mise en œuvre de la politique éducative… Il plaide enfin pour donner plus de responsabilités dans ce domaine à chaque établissement scolaire et énonce quelques conditions nécessaires à une stratégie réussie de l’utilisation du numérique dans l’espace scolaire.

Abstract

In this issue’s special feature on “Schooling in the Digital Era”, Alain-Marie Bassy draws on a historical analysis of the French case to show how digital media have gradually invaded every facet of the education system. First, he reminds us that this enormous change has been accompanied by a highly significant semantic evolution in the way these changing realities are referred to, with the emergence of a slightly anachronistic terminology aimed at reassuring teachers (particularly the older ones, who are often uneasy at the ever-renewing technologies, guarded as to how they are to be appropriately used in teaching, and wary of the dexterity with which their pupils handle them). Bassy underscores the main upheavals that are taking place in terms of the operation of schools and of governance in the implementation of education policy… Lastly, he makes a plea for giving more responsibility to each school or college and lays down some conditions required by a successful strategy for the use of digital technology within the school.

De l’article « Le numérique à l’école en France» revue Futuribles N° 379  (novembre 2011), quelques bonnes citations et/ou questions :

 

« Évoquer le numérique, c'est désigner à la fois un environnement de pratiques sociales (au sens où l'on parle d'une « société du numérique »), une infrastructure technique, un support d'inscription, un contenu, qui peut être plus ou moins

« didactisé », un mode de transmission et donc un mode d'accès, enfin un type de pratique ou d'usage.»

 

« … une mutation d'une autre ampleur: celle des logiques pédagogique et organisationnelle à l'oeuvre dans le système éducatif.,…. »

 

« De ce mouvement d'élargissement réticulaire et continu naissent de nouvelles

manières d'apprendre et d'enseigner: fonctionnement en réseau, transdisciplinarité, collaboration dans des espaces partagés, relation pédagogique interactive, modes d'évaluation dans la durée, nouveau statut de l'erreur, apparition d'une ingénierie éducative et, pour la production et l'usage des ressources pédagogiques, une nouvelle répartition des rôles entre l'auteur, le producteur, le prescripteur, l'utilisateur

et l'élève. »

 

« L'enjeu des changements induits est donc considérable : au-delà de l'impact évident sur les pratiques et les apprentissages, c'est aussi toute l'organisation de l'École et toute la gouvernance du numérique éducatif qui se trouvent mises en cause. »

 

« Toutes les dimensions du temps et de l'espace scolaires se trouvent modifiées : la classe, l'école, l'établissement existent désormais, en réseau, hors les murs. » 

 

« Ces évolutions de la pédagogie doivent être prises en charge, voire anticipées par le système de formation des maîtres, afin de renforcer l'adéquation entre l'offre et la pratique. »

 

«  Collectivités, producteurs de ressources, ingénieurs pédagogiques : on voit combien la frontière est désormais poreuse entre ces acteurs et une École qui peut de moins en moins se poser en seule responsable des politiques éducatives et unique prescripteur.»

 

« Parce que le numérique remet en cause l'organisation pédagogique de l'École tout en renforçant son attractivité, et que le partenariat entre les acteurs est appelé à se nouer avant tout au niveau local, l'établissement scolaire occupe une place centrale dans le processus de mise en oeuvre d'une stratégie numérique à vocation pédagogique.»

 

« L'établissement scolaire est le théâtre d'expérimentation des politiques numériques plus qu'il n'en est le metteur en scène. »

 

« La capacité à bâtir une stratégie numérique pour l'établissement apparaît comme une composante essentielle de son autonomie.»

 

« La stratégie numérique doit être accompagnée d'un plan de formation et d'un plan de communication de manière à encadrer la conduite du changement.»

 

« Que conclure au terme de ce questionnement ? Qu'il faut sans doute déjouer les évidences et les illusions technicistes. Le numérique n'est ni un simple outil ni un outil simple. Avec lui s'installent une autre logique, une autre dimension, une autre pédagogie, une autre gouvernance, un autre modèle d'organisation, une autre perception des savoirs. Et comme toujours, lorsqu'il s'agit de l'École, cela, bien entendu, s'apprend.... »

 

Mots clés : Éducation. Formation / Information / Communication / France

© futuribles Sarl, 2011


Raymond Morel
107 days ago

Et pour terminer ce soir ....

 

Futuribles, n° 379, novembre 2011, pp. 47-62

Apprendre à l’heure du Web 2.0. Portrait de pratiques innovantes en Europe

Learning in the Age of Web 2.0: A Roundup of Innovative Practices in Europe

Christine Redecker et Yves Punie

 

Résumé

Le développement des réseaux sociaux, qui permet de nouvelles formes d’échanges et de création d’une intelligence collective, joue aujourd’hui un rôle majeur dans les changements qui affectent l’éducation formelle. C’est à ce phénomène précis que Christine Redecker et Yves Punie s’intéressent dans ce dossier consacré par Futuribles à l’École à l’ère numérique. Les auteurs livrent ici les principaux résultats d’une étude de l’IPTS sur le learning 2.0., autrement dit sur l’usage du Web 2.0 et en particulier des médias sociaux dans l’éducation, et le rôle qu’ils peuvent jouer pour améliorer les apprentissages et stimuler les innovations. Menée au niveau européen, cette étude repose sur une analyse de la littérature dans ce domaine, ainsi que sur 250 études de cas (dont 16 approfondis) et un séminaire d’experts. Au-delà du bilan des innovations significatives qui y sont décrites, les auteurs donnent ici des éclairages intéressants sur les nouveaux styles d’apprentissage des jeunes, montrant en particulier que l’usage du Web 2.0 à la fois requiert et facilite des innovations technologiques, pédagogiques et organisationnelles, contribuant ainsi à une modernisation des institutions éducatives devenue indispensable pour faire face aux défis du XXIe siècle. Sans occulter les défis qui restent à relever ni les obstacles à surmonter, ils proposent enfin diverses recommandations pour y faire face.

Abstract

The development of social networks, which lends scope for new forms of exchange and the creation of a collective intelligence, plays a major role today in the changes affecting formal education. It is this precise phenomenon that Christine Redecker and Yves Punie address in this Futuribles special feature on the “School in the Digital Era.” They present in this article the main findings of an IPTS study on Learning 2.0. or, in other words, on the use of Web 2.0 – and, in particular, the social media – in education, and the role it can play in improving learning and stimulating innovation. This study, conducted at the European level, is based on an analysis of the literature and on 250 case studies (including 16 in-depth studies) and an expert seminar. Beyond the assessment of significant innovations described in the study, Redecker and Punie provide interesting insights into the new styles of learning among young people, showing particularly that the use of Web 2.0 both requires and facilitates technological, pedagogical and organizational innovations, thereby contributing to a modernization of educational institutions that is crucial to facing the challenges of the 21st century. Without concealing the challenges that remain to be faced or the obstacles to be overcome, they end by proposing various recommendations for confronting these challenges.

De l’article « Apprendre à l’heure du Web 2.0 » revue Futuribles N° 379  (novembre 2011), quelques bonnes citations et/ou questions :

 

«… l'usage du Web 2.0 à la fois requiert et facilite des innovations technologiques, pédagogiques et organisationnelles, contribuant ainsi à une modernisation des institutions éducatives devenue indispensable pour faire face aux défis du XXIe siècle.»

 

«… les nouveaux usages du Web 2.0 et des médias sociaux ont profondément

changé les manières d'accéder au savoir, de le gérer et de l'échanger.»

 

«…  les médias sociaux offrent des occasions d'apprendre flexibles et dynamiques

qui sont souvent plus attrayantes que les dispositifs traditionnels. »

 

« Une nouvelle terminologie est apparue pour décrire cette nouvelle génération : les digital natives (les autochtones du numérique opposés aux immigrants du numérique), la digital generation (la génération numérique), la Netgeneration, les Millennials, les New Millennium Learners (NML), etc., et le néologisme Homo zappiens pour caractériser leur faculté à maîtriser simultanément plusieurs sources numériques d'information. » è Homo sapiens vs Homo zappiens

 

« … il existe un consensus des chercheurs pour considérer que les manières d'apprendre ont changé, particulièrement chez les jeunes. Les nouveaux styles d'apprentissage sont influencés par l'ubiquité, l'accessibilité et la praticabilité des

ressources numériques. » 

 

Se référer aussi aux quatre documents suivants pour avoir une bonne idée du panorama

 

Learning 2.0 - The Impact of Social Media on Learning in Europe POLICY BRIEF Authors: Christine Redecker, Kirsti Ala-Mutka and Yves Punie

 

Learning 2.0: The Impact of Web 2.0 Innovations on Education and Training in Europe Final Report Authors: Christine REDECKER, Kirsti ALA-MUTKA, Margherita BACIGALUPO, Anusca FERRARI and Yves PUNIE 200

 

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http://www.ict-21.ch/com-ict/IMG/pdf/prensky - digital natives, digital immigrants - part1.pdf

 

THE NEW MILLENNIUM LEARNERS (NML) : Challenging our Views on ICT and Learning

Francesc Pedró, OECD-CERI  May 2006

1. Introduction

This paper is intended to synthesise available evidences on the emergence of a generational approach to learning and knowledge management strongly influenced by having always been living surrounded by and interacting continuously with information and communication technologies (ICT).

The main issues addressed here are the following:

2. Who are the New Millennium Learners (NML) and how can they be characterised?

3. Comparative evidence on NML

3.1. NML in OECD countries

3.2. Gender issues

4. The educational challenges posed by NML

4.1. Alternative cognitive skills

4.2. Changes in cultural practices and social values

4.3. Expectations regarding teaching and learning

5. NML and the knowledge society: innovative responses and policy implications

5.1. Educational innovations

5.2. Policy responses

http://www.ict-21.ch/com-ict/IMG/pdf/NML-the-New-Millenium-Learner-Pedro-38358359-1.pdf

 

Mots clés : Éducation. Formation / Technologie de l'information / Communication / Europe

© futuribles Sarl, 2011

conclusion : Achetez ce numéro 379 de Futuribles, LISEZ-LE et échangez !

 





Ino Simitsek
107 days ago

 

Tout d’abord merci Raymond pour la mine d’or que tu nous fais découvrir: TIC UNESCO: Un Référentiel de Compétences pour les Enseignants !

Quel plaisir d’y lire qu’afin de mieux transformer l’école en une véritable organisation apprenante, l’enseignant devient un apprenant modèle :
“Dans cette approche (création de connaissances) les enseignants sont eux-mêmes des apprenants modèles et des créateurs de savoirs qui sont engagés en permanence dans l’expérimentation et l’innovation éducatives pour produire des connaissances nouvelles sur les pratiques d’apprentissage et d’enseignement.”

Ce référentiel définit trois approches  de l’enseignement (trois étapes successives de la formation d’un enseignant): l’alphabétisation technologique, l’approfondissement technologique et la création de connaissances.  Pour chacune de ces approches les compétences des enseignants ont été définis.
En voici un bref extrait:
Au niveau de l’alphabétisation technologique,” les enseignants doivent posséder les compétences et les connaissances nécessaires en technologies de sites Web et savoir les appliquer pour acquérir des savoirs disciplinaires et pédagogiques complémentaires à l’appui de leur propre formation professionnelle.”

Au niveau de l’approfondissement technologique, “les enseignants doivent posséder les connaissances et les compétences requises pour créer et gérer des projets complexes, travailler en collaboration avec d’autres enseignants et mettre à profit les réseaux pour accéder à l’information et être en contact avec des collègues et des experts extérieurs à l’appui de leur propre formation professionnelle.

Au niveau de la création de connaissances, l’enseignant est vu comme un apprenant modèle:
Les enseignants doivent être capables de concevoir des communautés de savoir fondées sur les TIC et d’utiliser les TIC pour stimuler la création de savoirs et la pratique réflexive et continue de l’apprentissage chez les élèves.
Les enseignants doivent être capables de jouer un rôle moteur auprès de leurs collègues en termes de formation et d’accompagnement, ainsi qu’en présentant de leur école l’image d’une communauté fondée sur l’innovation et la formation continue, enrichie par les TIC.
Les enseignants doivent en outre être aptes, motivés, disposés, encouragés et soutenus pour expérimenter, apprendre en continu et utiliser les TIC afin de créer des communautés de formation professionnelle orientées vers la création de connaissances.

Je trouve très motivante cette manière de donner la part belle aux capacités transversales. Si elles sont à développer du côté des élèves, le défi de la formation de l’enseignant (-apprenant modèle) est de les développer pour soi-même, pour la communauté d’enseignants(-apprenants modèles) et ceci de façon continue...

Raymond Morel
107 days ago

et pendant qu'on y est ...... ceci n'est pas un canular .....

L'ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION À L'HORIZON 2025
QUELS DÉFIS ? QUELLES INNOVATIONS ?

Futuribles International

ÉTUDE EN SOUSCRIPTION

Les systèmes d’enseignement et de formation sont sujets, en France, à des remises en question perpétuelles et à des réformes fréquentes, plus ou moins abouties.

Longtemps considéré comme un modèle, le système éducatif français est aujourd’hui confronté à une sclérose manifeste notamment à travers :

  • la dégradation (relative) des niveaux scolaires ;
  • l’incapacité des systèmes d’enseignement et de formation à réduire les inégalités ;
  • le « malaise » et le mécontentement des enseignants ;
  • les innombrables conflits qui scandent les diverses tentatives de réforme.

 

Le système de formation est, quant à lui, régulièrement critiqué pour son manque de lisibilité, son coût, l’émiettement des acteurs et les inégalités d’accès à la formation.

Le sentiment d’inadéquation entre les compétences formées et celles requises dans la vie sociale ou dans le monde professionnel est symptomatique du décalage qui semble s’accroître entre la société et ses systèmes d’enseignement

Pourtant, il existe un consensus autour de la nécessité d’entrer de plain-pied dans « l’économie de la connaissance ». À l’échelle de l’Union européenne, le sommet de Lisbonne avait consacré cette vision en 2000 et fixé un certain nombre de cibles à l’horizon 2010 qui sont loin d’être atteintes aujourd’hui.

L’une des causes de ce délitement progressif résulte probablement d’une inadaptation de plus en plus profonde des systèmes d’enseignement et de formation français aux évolutions scientifiques, technologiques, économiques, culturelles et sociales, alors même que l’éducation et la formation ont pour mission de former les citoyens et les travailleurs de demain.

Partant de ce constat, Futuribles International se propose de mener une étude prospective qui puisse contribuer à replacer les débats sur l’enseignement et la formation dans une perspective de long terme.

Pour en savoir plus sur cette étude et y souscrire, cliquez ici


Raymond Morel
106 days ago

voici encore une bonne nouvelle et surtout une bonne référence

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/07/010711isn.aspx

Informatique et Sciences du numérique : Un nouvel enseignement pour une nouvelle culture numérique ?

Par François Jarraud

 

A la rentrée 2012, l'enseignement de spécialité Informatique et sciences du numérique sera proposé aux lycéens de la filière générale S. Robert Cabane, chargé de mission ISN, nous explique comment et avec quels objectifs se construit un enseignement nouveau. Des enseignants à trouver, une pédagogie de projet à mettre au point, une ouverture sur les entreprises à encadrer, un enseignement à inventer, le défi se conjugue à plusieurs niveaux. Il ne reste plus qu'un an pour se préparer...

 

sans oublier la préface du manuel

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/file/read/152249/prface-du-manuel-introduction-la-science-informatique

et son sommaire

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/file/read/152250/sommaire-du-manuel-de-lintroduction-la-science-numrique

annoncé par Framablog

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/bookmarks/read/152248/sortie-du-manuel-introduction-la-science-informatique

 

Annoncé par le CRDP

http://crdp.ac-paris.fr/Introduction-a-la-science,27388

 

Raymond Morel
106 days ago

N'oublions pas cet extrait de EpiNet d'octobre 2011

* Articles : http://www.epi.asso.fr/revue/articsom.htm
· L'informatique au collège. Maurice Nivat.
· Sortie du manuel Introduction à la science informatique. Par aKa, G. Dowek et J.-P. Archambault.
· Manuel Introduction à la science informatique. Commentaires sur les commentaires. J.-P. Archambault, G. Dowek.
· Pratiques de recherche d'information sur Internet dans des activités de documentation. Magali Loffreda.
· Discours généraux sur les TIC en éducation : beaucoup de slogans peu étayés, en quête de débats. Éric Bruillard.
· Contribution à l'évaluation de l'impact de l'intégration des Tice dans l'enseignement et l'apprentissage : exemple « la division cellulaire ». O. El Ouidadi, A. Lakdim, K. Essafi, K. Sendide.

Raymond Morel
101 days ago

Voici encore une publication de l'Unesco qui pointe sur

Transforming Education: The Power of ICT Policies

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/file/read/159994/transforming-education-the-power-of-ict-policies

Il ne manque plus que l'action ....... !!!!

Jean-François Jobin
100 days ago

Votre modérateur, qui a été fort absent du forum depuis quelque temps, compte faire ses rattrapages et se manifester très prochainement. Merci à Raymond pour tous ses inputs. Cela fait une belle quantité de grain à moudre!

Raymond Morel
100 days ago

Dans ses 

 

Conclusions du Conseil du 12 mai 2009 concernant un cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation («Éducation et formation 2020») [Journal officiel C 119 du 28.5.2009].

on trouve

Les conclusions énoncent quatre objectifs stratégiques:

  • faire en sorte que l’éducation et la formation tout au long de la vie et la mobilité deviennent une réalité – il convient d’améliorer la mise en œuvre de stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie et l’instauration de cadres de qualifications nationaux associés au cadre européen des certifications et d’assurer une plus grande flexibilité des parcours de formation.La mobilité devrait être accrue et la Charte européenne de qualité pour la mobilité devrait être appliquée;
  • améliorer la qualité et l’efficacité de l’éducation et de la formation – tous les citoyens doivent avoir la possibilité d’acquérir des compétences clés et l’attrait et l’efficacité de tous les niveaux d’éducation et de formation doivent être améliorés;
  • favoriser l’équité, la cohésion sociale et la citoyenneté active – l’éducation et la formation devraient non seulement permettre à chacun d’acquérir et de développer les aptitudes et les compétences nécessaires pour assurer son employabilité, mais aussi encourager la formation continue, la citoyenneté active et le dialogue interculturel. Les inégalités dans le système éducatif devraient être réduites par l’offre de services d’éducation ouverts à tous et de grande qualité dès la petite enfance;
  • encourager la créativité et l’innovation, y compris l’esprit d’entreprise, à tous les niveaux de l’éducation et de la formation – l’acquisition des compétences transversales par tous les citoyens devrait être encouragée et l’efficacité du triangle de la connaissance (éducation/recherche/innovation) devrait être assurée. Les partenariats entre les entreprises et les établissements d’enseignement et entre les communautés d’apprentissage plus étendues et la société civile et d’autres intervenants devraient être promus.

Ne sommes-nous pas très éloignés du PER ?

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/bookmarks/read/160350/les-comptences-cls-pour-lducation-et-la-formation-tout-au-long-de-la-vie

 


Jean-François Jobin
97 days ago

Ces conclusions ne sont pas si éloignées du PER qu'il n'y paraît à première vue. En effet,

 

  • si la question de la mobilité n'est pas du tout centrale dans le PER, il y a néanmoins un début de mise en relation avec le cadre européen des certifications dans l'enseignement des langues étrangères, puisque les objectifs d'apprentissage de l'allemand et de l'anglais sont mis en relation systématique avec le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) et le Portfolio européen des langues (PEL 2) comme on le voit en visitant les objectifs d'apprentissage quand on ouvre la dernière ligne "Informations complémentaires" ou en lisant la colonne des Attentes fondamentales. Il vaut également la peine de lire la Déclaration de la CIIP qui est en préambule au PER, qui énonce les finalités et objectifs de l'école publique de la Suise romande. 
  • Ce même texte énumère des compétences clés et des principes qui, s'ils concernent au premier chef l'école obligatoire, préparent clairement à la suite de la formation. Les capacités transversales y sont listées. 

L'École publique assume sa mission de formation en organisant l'action des enseignants et enseignantes et des établissements scolaires sur la base des principes suivants :

  • I. le respect de la personne ;
  • II. les droits et devoirs de la personne humaine ainsi que les droits de l'enfant ;
  • III. le principe de l'éducabilité, qui suppose que chacun est en mesure d'apprendre si les conditions lui sont favorables et que l'enseignant, l'élève et l'environnement y contribuent ;
  • IV. l'égalité et de l'équité, assurant à chaque élève les possibilités et moyens de formation correspondant à ses besoins.
  • Se fondant sur ces principes, l'École publique :
  • a) affirme que la réflexion ainsi qu'un capital de connaissances sont nécessaires pour adopter des comportements adéquats et pour agir opportunément ;
  • b) se préoccupe de susciter, d'alimenter et d'entretenir le goût d'apprendre ;
  • c) soutient l'apprentissage et met en place des conditions favorables ;
  • d) différencie ses démarches pédagogiques selon les dispositions intellectuelles et affectives des élèves ;
  • e) affirme que l'évaluation est indissociable de l'apprentissage en tant qu'instrument de la régulation du progrès de chaque élève.

Cette Déclaration de la CIIP contient la philosophie générale du PER, et elle gagnerait à être souvent relue par toutes les personnes en charge de la formation des élèves.

 

  • Favoriser l'équité, la cohésion sociale et la citoyenneté active sont des visées prioritaires et des objectifs d'apprentissage déclarés dans la Formation générale, qui est l'un des trois axes majeurs du PER (les deux autres étant les domaines disciplinaires et les capacités transversales). 

VISÉES PRIORITAIRES DE LA FORMATION GÉNÉRALE

Développer la connaissance de soi sur les plans physique, intellectuel, affectif et social pour agir et opérer des choix personnels.

Prendre conscience des diverses communautés et développer une attitude d'ouverture aux autres et sa responsabilité citoyenne.

Prendre conscience de la complexité et des interdépendances et développer une attitude responsable et active en vue d'un développement durable.

  • Enfin, l'encouragement de la créativité et de l'innovation à tous les niveaux sont également des objectifs visés par le PER. Les Commentaires généraux de la Formation générale affirment en effet que

Afin de faire des choix et de construire des projets personnels, l'enfant doit renforcer son identité sociale et devenir un membre autonome des groupes auxquels il appartient pour devenir enfin membre de la société tout entière. Ces étapes permettent de définir la socialisation et c'est par l'apprentissage du choix, le développement de la motivation, de l'autonomie et du goût de l'effort que la thématique Choix et projets personnels contribuera à son tour à la socialisation de l'élève. Cette thématique contribue ainsi fortement à développer les Capacités transversales de Stratégies d'apprentissage et de Démarche réflexive.

Encore une fois, on ne s'occupe ici que de la scolarité obligatoire, mais c'est évidemment à partir d'elle que d'autres choses deviennet possibles ensuite. 

Nous ne sommes donc pas très éloignés du PER, bien au contraire. Mais cela suppose que les enseignants ne s'approprient pas ce plan d'études pour y caser leurs pratiques anciennes, mais pour les renouveler dans les perspectives posées par la Déclaration de la CIIP. L'essentiel est là, il suffit de lire et d'agir en conséquence. Mais c'est un grand défi.

Hanna Muralt Müller
85 days ago

Cher Jean François, cher Raymond

Votre discussion è très intéressante. La philosophie générale du PER me plaît beaucoup. C’est l’application qui pose de problèmes. Tu le dis, cher Jean-François : comment éviter le recul dans les pratiques du passé ? Hanna

Raymond Morel
85 days ago

encore un texte édifiant

Learning 2.0 - The Impact of Social Media on Learning in Europe POLICY BRIEF Authors: Christine Redecker, Kirsti Ala-Mutka and Yves Punie

1. The Use of the Internet for

Information and Learning Purposes


« je n’aime pas ce trou dans le graphique »

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2. Use of the Internet for online courses


« je n’aime pas ce trou dans le graphique »

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The FOUR C’s of Learning

2.0

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5. Challenges, barriers and bottlenecks

  Furthermore, the following technical, pedagogical and organisational bottlenecks have been identified, which may hinder the take up and mainstreaming of Learning 2.0 approaches:

Access to ICT and basic digital skills: Access to ICT at home and in schools and basic digital skills constitute a major obstacle for the use of social media in Education and Training, and a key problem for inclusion and equity. In particular, teachers often do not feel confident enough with their ICT skills to experiment with Learning 2.0 strategies.
Advanced digital competence: Learning 2.0 strategies require the confident and critical use of ICT and an informed and critical attitude towards interactive media and digital information. ….
Special needs: Though Learning 2.0 supports different learning paces and cognitive styles, thus generally empowering learners, it can also create and increase difficulties for students with physical or cognitive disabilities, or special learning needs. …..
Pedagogical skills: Embedding social media tools in education demands a change in the rôle of teachers, who have to act as guides and mentors, enabling and facilitating self-regulated learning processes. ……
Uncertainty: Social media underlie continuous change and transformation. As a consequence, many key issues relevant for sustained deployment of Learning 2.0 in Education and Training ……
Safety and privacy concerns: Social media raise important issues in relation to identity, trust, reputation and privacy, …….
Requirements on institutional change: The appropriation of social media in formal education requires schools to re-evaluate their role in society as knowledge providers. …..

 

Raymond Morel
85 days ago

Toujours dans les rapports utiles pour traiter notre problématique des nouveaux rôles de l'enseignant

Learning 2.0: The Impact of Web 2.0 Innovations on Education and Training in Europe Final Report Authors: Christine REDECKER, Kirsti ALA-MUTKA, Margherita BACIGALUPO, Anusca FERRARI and Yves PUNIE 2009

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Jean-François Jobin
77 days ago

SYNTHÈSE GÉNÉRALE

 

Ce forum, ouvert le 5 septembre, devait initialement durer 4 semaines. La lenteur du démarrage du débat et un problème de santé du modérateur en ont prolongé la vie jusqu'en décembre. 9 personnes ont participé au débat. 

 

 

Point de départ : 1981 - 2011- 2041

Le World Wide Web a 20 ans cette année. L'an prochain, nous fêterons le 30e anniversaire de la définition du protocole TCP/IP et du mot « Internet »). En 1981, nous n'avions pas la moindre idée de la plupart des choses qui ont pris place dans notre vie quotidienne. La nouveauté dont on parlait était le magnétoscope, qui a pratiquement disparu aujourd'hui. Pas de PC, pas de tablettes, pas de smartphones, pas d'Internet. Question : ces outils ont-ils modifié les manières d'enseigner et d'apprendre? Or la société a changé, et les élèves aussi. Bien des aspects du paradigme actuel de l'éducation sont mis en lumière dans les propos très illustrés de Sir Ken Robinson http://www.youtube.com/watch?v=e1LRrVYb8IE.

 

Dans 30 ans, en 2041, nous ne savons pas si l'école publique ressemblera ou non à celle que nous connaissons. Dans ce forum, nous avons voulu postuler qu'elle sera meilleure qu'aujourd'hui. Les élèves ne s'y ennuieront pas ; ils trouveront du sens à ce qu'ils feront, ils développeront leurs compétences propres, ils collaboreront avec leur pairs, ils apprendront ce dont ils ont besoin pour leur avenir proche et plus lointain, ils continueront d'apprendre tout au long de leur vie. 

Nous l'appelons e-cole parce qu'elle utilisera les ressources électroniques et les réseaux sociaux pour rechercher, collecter et échanger les informations et les contenus nécessaires aux apprentissages. Publique, parce que nous sommes attachés à l'école publique et que nous voulons réfléchir aux moyens de la faire évoluer de manière positive. On ira toujours à l'école en 2041, il y aura toujours des enseignantes et des enseignants, mais ils travailleront autrement, dans des structures qui auront évolué, et qui seront peut-être très différentes de celles que nous connaissons actuellement.

 

 

1. La nouvelle e-cole publique

 

L'école est en crise. Elle continue de produire un discours selon lequel la réussite scolaire est la garantie d'un emploi, alors qu'on voit bien que ce n'est plus le cas pour tous. Ces difficultés, bien entendu, trouvent leur source dans l'écart toujours plus grand qui sépare les traditions scolaires et les évolutions économiques et sociales. Pas étonnant que de nombreuses personnes entretiennent la nostalgie de l'école d'autrefois, qui leur avait si bien réussi.

[Pour ma part, d'ailleurs, je ne suis pas prêt à renoncer à tout ce que l'école apporte comme formation de la personne, de son autonomie morale et citoyenne, pour me précipiter sur des projets mal définis. Il me paraît cependant que cette mission qu'on dira "humaniste" de l'école peut gagner en impact si les enseignants affrontent les situations d'aujourd'hui. Mais ils se sentent souvent mal outillés ou insuffisamment formés pour affronter la complexité sans perdre ses élèves en route et sans se contenter de s'adresser uniquement aux plus doués.]

 

Nous disposons aujourd'hui d'outils et de moyens puissants pour faire évoluer l'école vers l'e-cole. Le nouveau Plan d'étude romand est le fondement possible d'une nouvelle e-cole publique. Les capacités transversales y sont l'un des trois axes de l'enseignement et des apprentissages. Ajoutons les technologies déjà disponibles aujourd'hui — qui n'ont plus rien de nouveau. Gérard Berry à propos de l'informatique : Il faut donc cesser de l’appeler une « nouvelle technologie » : si cette expression a encore un sens pour les adultes du XXe siècle, elle n’en aura jamais pour les enfants du XXIe siècle, ceux à qui l’enseignement secondaire s’adresse. Ils ne pourront comprendre l’avant-informatique que par les cours d’histoire.

 

Mais l'organisation même de l’école ne favorise pas l’éclosion de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner. Un participant cite un exemple parmi d'autres, le jeu vidéo : postulons d’entrée  l’utilité d’utiliser ce média pour enseigner une matière nouvelle. Mais, d’une part, il est impossible de limiter une partie aux 45 minutes prévues dans nos grilles horaires, comme il est artificiel de «caser» les nombreux apprentissages effectués dans une seule matière. D’autre part, les échanges sociaux rendus possibles par le mode mutijoueurs ouvrent de nouvelles possibilités quant à l’apprentissage collaboratif, tout en redéfinissant profondément le rôle de l’enseignant face aux élèves et à la matière enseignée. La présence même des élèves dans un lieu défini est inappropriée, puisqu’elle oblige l’école à mettre à disposition des élèves et à entretenir une infrastructure technique relativement lourde et chère, alors que chaque élève dispose d’une infrastructure adéquate à son domicile.

 

Au préalable, il faut faire tomber les barrières et les coutumes qui s'opposent à un apprentissage collaboratif :

    • la standardisation de l'enseignement pour en faciliter le monitorage,

    • l'évaluation par un système de notes qui encourage le bachotage au détriment des apprentissages réels et qui renforce la démotivation des élèves 

    • le parasitage de la relation pédagogique par la nécessité de fournir des données pour le monitorage du système et des notes en suffisance pour les bulletins scolaires.

    • le curriculum caché de l'école actuelle, selon lequel (1) 'apprentissage à besoin d'un lieu, d'un cadre et d'un temps fixe, (2) le savoir s'acquiert le mieux quand c'est subdivisé en petits éléments maniables, (3) une valeur numérique peut être attribuée de manière significative à la qualité de l'apprentissage (4) pour apprendre on a besoin de l'accompagnement d'un expert désigné par l'institution, (5) pour apprendre il faut suivre un chemin désigné par un expert.

 

Quelques pistes ont été signalées : 

- travailler avec des groupes hétérogènes, comme les classes à degré multiples, où la collaboration est incontournable

- dans le cas de grandes classes dont plusieurs enseignants doivent s'occuper, la collaboration entre enseignants s'occupant des mêmes élèves facilite l'intervision, l'échange d'expériences, et casse la solitude souvent extrême dans laquelle certains doivent travailler.

- l'éducation doit être bâtie sur le respect de chaque acteur du système éducatif en tant qu’individu à part entière, qu’il soit élève, parent, enseignant ou autre intervenant. Les possibilités d’interaction apparues avec l’avènement du web2, et en particulier des sites de réseautage social, peuvent judicieusement être utilisées pour favoriser ce dialogue.

 

Autrement dit :

 1.   modification du temps scolaire pour changer la manière de vivre l'école. Nouvelle grille horaire, diminution des leçons obligatoires et davantage de temps pour travailler autrement, par exemple en formation autonome accompagnée, en groupes formés en fonction d'un thème de recherche, à domicile, dans des lieux extra-scolaires, etc. Temps mobile en fonction de la nature des enseignements et apprentissage à conduire. L'e-cole de 2041 se sera attaquée à ce qui rend le système immuable: la division en tranches horaires et en disciplines cloisonnées...

 2. mise en place d'une pédagogie nouvelle, à inventer en partie, mais dont des éléments décisifs ont déjà été expérimentés, et qui mettra l'accent sur le développement des capacités transversales. Aujourd'hui déjà nous parlons du passage au Web3.0 et en terme de pédagogie de passage à la Pédagogie Digitale ou du Learning 1.0 au Learning 2.0 puis 3.0. Approche holistique et interconnectée. Puisque l'apprentissage est souvent mieux dans des groupes, l'éducation doit faciliter des groupes, des communautés de pratiques et l'échange entre pairs. Elle doit également favoriser et encourager la motivation intrinsèque des élèves, car c'est alors qu'ils font de leur mieux.

 3. rupture avec le groupe classe traditionnel, fondé sur la date de naissance et les impératifs administratifs visant à simplifier la gestion des élèves. Comme le dit Ken Robinson, il y a d'autres points communs plus significatifs que la date de fabrication des élèves (cet élément m'a particulièrement frappé dans son propos)

 4. rupture avec les procédés classiques d'évaluation qui s'opposent à un apprentissage collaboratif (voir ci-dessus)

 5. transformation du rôle des enseignants qui devront passer du statut de détenteurs du savoir à celui d'accompagnants capables de travailler en collaboration avec leurs collègues. Les connaissances étant désormais largement accessibles en dehors de l'école, il faut former les élèves à en évaluer la pertinence et la qualité, et à se les approprier dans le cadre d'apprentissages qui aient du sens pour eux. 

 

Signalons que deux autres forums de L4D ont pour leur part dégagé des pistes intéressantes : celui consacré aux Capacités transversales, animé par Ino Simitek, et le forum intitulé Learning in dissolving boundaries, animé par Alan McCluskey. Nous en avons tenu compte ici.

 

 

2. Ce sont les enseignants qui font l'école

 

Cette deuxième phase du forum s'est signalée par l'absence de toute contribution de ses membres. Peut-être le débat a-t-il été mal lancé, peut-être la question est-elle trop difficile. Le titre vient du slogan utilisé par un syndicat d'enseignants. Les enseignants sont-ils vraiment les seuls à "faire l'école", ou sont-ils eux-mêmes un produit de l'école, dans une figure circulaire qui les contraindrait à reproduire ce qu'ils ont suffisamment apprécié dans leur propre formation pour avoir le désir de se lancer dans le métier ? Dans ce cas, comment peuvent-ils reprendre la main ? Ces questions restent ouvertes.

 

 

3. Quels rôles pour les enseignants dans 30 ans - et quelle formation pour les y préparer ?

 

Nous avons internet, nous avons les réseaux sociaux et des terminaux dans nos poches qui nous mettent en contact avec tout cela. Nous avons Google, nous avons Wikipedia, nous avons YouTube, nous avons Twitter et Facebook, nous avons une quantité de ressources aisément accessibles dans tous les domaines. Imaginons les usages que pourrait en faire la nouvelle e-cole publique enfin décomplexée à cet égard. et voyons comment former les enseignants qui se serviront de ces outils pour favoriser les apprentissages de leurs élèves et l'acquisition de ces fameuses capacités transversales.

 

La solution ne consiste pas à agrémenter la pédagogie actuelle avec des moyens MITIC. Pour un des membres du forum, c'est tout le rôle de l'enseignant qui doit être reconsidéré : «il sera non seulement celui d'un utilisateur de réseaux sociaux mais également d'un organisateur et modérateur d'activités "à distance"». Les capacités transversales ne sont pas réservées aux élèves: l'enseignant en quelque sorte montrer l'exemple dans sa pratique : il est créatif, il utilise différentes stratégies d'apprentissage, il les conduit en collaborant et en communiquant, il en assure le suivi avec une démarche réflexive dans le contexte d'une pédagogie digitale à inventer. «Il sera coach, mentor, accompagnateur et facilitateur d'apprentissages dans des postures fort différentes d'un enseignant "traditionnel" actuel ...» Il faut rappeler que éduquer, educare, c'est conduire dehors, libérer en quelque sorte.

 

Faut-il rappeler que tous les élèves qui entrent à l'école sont nés au XXIe siècle? En forçant à peine le trait, on peut dire que les enseignants ont tous un siècle de retard sur leurs élèves. On peut s'en féliciter en se disant qu'ainsi, au moins, il y aura quelqu'un pour faire comprendre aux élèves que le monde n'est pas né avec eux, mais on ne peut pas non plus faire l'impasse sur les conséquences d'une situation sans précédent. Il y a 100 ans,  le savoir était transmis par les enseignants et les livres permettaient d'aller plus loin. Aujourd'hui, tout le savoir est sur le net, la notion même de livre est en mutation, et les enseignants ne peuvent plus croire que le savoir qu'ils transmettent aura la priorité sur le reste. En revanche, on ne se préoccupe pas assez de donner aux élèves ce dont ils ont besoin pour que leur "libre" accès au savoir devienne intelligent. Et si l'on veut que les jeunes qui ont terminé leur formation soient capables de relever les défis à venir de manière créative et innovante, n'est-il pas indispensable que cela ait été exercé tout au long de cette formation? Hélas, ce n'est pas tojours le genre de la maison "école".

 

Le site teaching2030.org ne se projette pas aussi loin que 2041, mais les new basics for all students ne sont rien d'autre que les capacités transversales : communication, collaboration, réflexion critique, résolution créative des problèmes. Leur correspondent des enseignants efficaces, capables de travailler avec des élèves d'origines différentes, qui connaissent Google; capables de relier leur enseignement avec les besoins de la communauté, et d'aider les élèves à suivre et évaluer (monitorer) leurs apprentissages. Bien entendu, il faut pour cela des conditions cadre institutionnelles solides : des finances publiques favorisant la formation, la collaboration de tous les partenaires de la formation et des conditions d'engagement et de reconnaissance qui renforcent l'attractivité du métier d'enseignant.

 

Dans l'intervalle, rappelle un autre participant, on peut proposer des mesures, même mineures, qui peuvent être appliquées ici et maintenant pour favoriser une réflexion pédagogique ainsi que l'acquisition des ces fameuses compétences transversales :

 • mettre les cours en ligne

 • les rendre accessibles à chacun et à chaque établissement

 • proposer de l'appui en ligne

 • promouvoir l'interactivité

 • autoriser internet aux examens.

 

 

4. Comment orienter dès aujourd'hui la formation des enseignants dans l'optique 2041 ?

 

Des réponses aux questions qui nous préoccupent sont nécessaires et sont urgentes. Si l'on veut éviter que les entreprises prennent peu à peu le contrôle des moyens d'enseignement et donc de l'enseignement, il faut agir sans tarder. Swisscom, Microsoft, Apple et d'autres sociétés prétextent leur "responsabilité sociale" pour justifier leurs interventions dans l'instruction publique, mais les cantons romands, pour le moment, ne sont entrés en matière que pour un certain nombre de prestations spécifiques: les liaisons internet par Swisscom, et les réductions de prix pour enseignents/écoles/élèves chez les fabricants d'ordinateurs et éditeurs de logiciels. 

 

La revue Futuribles a publié en novembre 2011 un dossier sur "Le numérique à l'école en France". Raymond Morel a mis en ligne de nombreuses citations tirés de cette livraison, dont on peut retenir les éléments clés suivants.

 

 

Apprendre à l'âge numérique (Paul Mathias)

• la leçon traditionnelle fait penser à la tragédie, car elle respecte la règle des trois unités de temps (celui de la leçon), de lieu (la classe) et d'action (un maître enseignant une discipline à un groupe d'élèves de la même catégorie. Or le savoir est omniprésent, accessible n'importe où et à tout moment. 

• Les frontières de l'école se dissolvent et l'école n'est plus la référence ou le principe organisationnel unique des savoirs et de leur enseignement, ni même des pratiques pédagogiques

• Les supports numériques ne sont pas de nouveaux supports pour des tâches anciennes. Le numérique provoque un changement de paradigme dans l'éducation et les apprentissages scolaires, une mutation  du processus même de la connaissance, de sa nature et de son horizon. L'école devrait donc enseigner autrement d'autres contenus, et c'est un défi qu'elle ne semble pas prête à relever.

• les enseignants ont un savoir disciplinaire démesuré et inutile (?), mais des compétences insuffisantes dans les modalités de traitement de l'information et la maîtrise des processus cognitifs. Constituent-ils une espèce en voie d'extinction ou simplement d'adaptation ?

• la pensée change avec l'informatique et les réseaux : elle se produit autrement, elle se dissémine autrement, elle est différente

• au fond, l'école n'est plus dans l'école, mais [aussi] en dehors de l'école, «parce que l'intelligence et les outils sémantiques à la source de toute formation se situent désormais aussi bien dans l'institution que dans la vie, aussi bien dans la relation pédagogique proprement dite que dans les relations sociales dont nous sommes tous enveloppés»

• «Les capacités, connaissances et compétences requises par l'espace contemporain des savoirs ne ressortissent plus à l'érudition, [aux ]livres ni même aux vastes synthèses intellectuelles sur lesquelles s'est classiquement fondée l'excellence »

• il ne suffit pas d'ajouter des MITIC dans un enseignement traditionnel pour sauver la mise. « Une chose est sûre : c'est là une affaire d'écriture et de code, et non pas de ‘tablettes’ ou de ‘clefs USB’ ».

 

Le numérique investit l'école dans toutes ses dimensions (Alain-Marie Bassy)

Le numérique, c'est beaucoup de choses à la fois : un environnement de pratiques sociales (la "société numérique"), une infrastructure technique, un support d'inscription, un contenu, un mode de transmission, donc un mode d'accès, un type de pratique ou d'usage. Tous ces éléments transforment la pédagogie et l'organisation du système éducatif :

• nouvelles manières d'apprendre et d'enseigner

• fonctionnement en réseau, transdisciplinarité, collaboration, relation pédagogique interactive

• modes d'évaluation dans la durée, nouveau statut d el'erreur

• apparition d'une ingénierie éducative, production de nouvelles ressources pédagogiques

• nouvelle répartition des rôle entre l'auteur, le producteur, le prescripteur, l'utilisateur et l'élève.

« Toutes les dimensions du temps et de l'espace scolaires se trouvent modifiées : la classe, l'école, l'établissement existent désormais, en réseau, hors les murs. » « Ces évolutions de la pédagogie doivent être prises en charge, voire anticipées par le système de formation des maîtres, afin de renforcer l'adéquation entre l'offre et la pratique. » 

Le numérique remet donc en cause l'organisation pédagogique de l'école, mais il renforce aussi son attractivité. Il y a ici une opportunité à saisir par les établissements scolaires, car ils occupent «une place centrale dans le processus de mise en œuvre d'une stratégie numérique à vocation pédagogique». « La capacité à bâtir une stratégie numérique pour l'établissement apparaît comme une composante essentielle de son autonomie.»

« Que conclure au terme de ce questionnement ? Qu'il faut sans doute déjouer les évidences et les illusions technicistes. Le numérique n'est ni un simple outil ni un outil simple. Avec lui s'installent une autre logique, une autre dimension, une autre pédagogie, une autre gouvernance, un autre modèle d'organisation, une autre perception des savoirs. Et comme toujours, lorsqu'il s'agit de l'École, cela, bien entendu, s'apprend.... »

 

Apprendre à l'heure du web 2.0 (Christine Redecker et Yves Punie)

Les auteurs livrent ici les principaux résultats d’une étude de l’IPTS sur le learning 2.0., autrement dit sur l’usage du Web 2.0 et en particulier des médias sociaux dans l’éducation, et le rôle qu’ils peuvent jouer pour améliorer les apprentissages et stimuler les innovations.

Les médias sociaux offrent des occasions d'apprendre flexibles, dynamiques, souvent plus attrayantes que les dispositifs traditionnels. Cela vaut essentiellement pour la nouvelle génération, celle des autochtones du numérique, des digital natives, des apprenants du nouveau millénaire. 

 

Les médias sociaux s'articulent autour de quatre concepts qui commencent par l'initiale C : 

1. une très grande variété de contenus souvent librement accessibles propres à soutenir l'apprentissage et le perfectionnemetn professionnel

2. les médias sociaux permettent aux utilisateurs de créer eux-mêmes de nouveaux contenus et de les publier en ligne

3. ils connectent (relient) les apprenants les uns avec les autres, aux enseignants et aux experts, grâce à quoi ils peuvent puiser dans les connaissances tacites de leurs pairs et accéder à des connaissances hautement spécifiques et ciblées dans un domaine particulier

4. ils favorisent la collaboration entre apprenants et enseignants et permettent de réunir des ressources et de l'expertise et le potentiel de tout un groupe pour atteindre un objectif commun.

 

[Si les élèves d'aujourd'hui nous paraissent moins bons que ceux d'il y a quelques années, c'est peut-être parce qu'ils ont développé des compétences que l'école considère comme non pertinentes, et que leurs devanciers n'avaient pas - l'école n'est pas tout entière dans les bâtiments scolaires et nous aurions ainsi l'illustration que les apprentissages ont changé de bien des manières.

Or les enseignants sont au point focal du problème et de sa possible solution. Mais pour cela, ils ont besoin d'une formation qui prenne en compte cette situation nouvelle, qui bouge et qui bougera encore. La perpétuation des anciens modes de formation et d'enseignement ne fait qu'accentuer le fossé qui sépare les enseignants des apprenants — mais avec cette différence, quelle chance! que les enseignants aujourd'hui en formation ont grandi avec les technologies et le développement du web 2.0.]

 

Un nouveau référentiel de compétences pour les enseignants (TIC UNESCO)

Comme le souligne une participante au forum, si l'on veut transformer l'école en une véritable organisation apprenante, l'enseignant doit devenir un apprenant modèle, un créateur de savoirs, un expérimentateur innovant. En effet, selon TIC UNESCO : un référentiel de compétences pour les enseignants, publié en 2011, il est nécessaire mais pas suffisant que les enseignants bénéficient de compétences TIC et sachent les transmettre à leurs élèves. En effet, il est tout aussi essentiel que les enseignants soient capables d'aider leurs élèves à entrer dans une démarche d'apprentissage collaboratif, de créativité et de résolution de problèmes grâce à l'usage des TIC «afin qu'ils deviennent des acteurs efficaces de la société et de l'économie». 

C'est pourquoi le référentiel de l'UNESCO s'articule autour de trois étapes successives de la formation d'un enseignant:

- l'alphabétisation technologique: les élèves [oui, les élèves] utilisent les TIC en vue d'un apprentissage plus efficace

- l'approfondissement des connaissances : les élèves acquièrent des connaissances approfondies dans les disciplines qu'ils utilisent à l'école et les appliquent à résoudre des problèmes complexes et concrets

- la création de connaissances : les élèves, citoyens et acteurs futurs de l'économie, créent les nouveaux savoirs indispensables pour bâtir des sociétés plus harmonieuses, enrichissantes et prospères.

Le document développe les différents aspects de la formation d'enseignants capables d'avoir des élèves qui agissent comme on vient de le dire. En deux mots, il importe qu'ils apprennent à faire eux-mêmes, à leur niveau d'adultes enseignants, ce qu'ils vont transmettre à leurs élèves.

 

Et vous savez quoi ? Pour l'essentiel, on retrouve bien des traits des capacités transversales dont nous avons parlé au début. Le PER est une chance à saisir, sans être à lui-même toute la solution. Il se trouve que la Suisse est remarquablement peu présente dans toutes les recherches évoquées ci-dessus : il y a toujours un trou au milieu de l'Europe, pour lequel les données manquent... 


Raymond Morel
76 days ago

Que vous inspire la présentation de Thomas Suarez ?

http://www.ict-21.ch/l4d/mod/file/download.php?file_guid=222164

A-t-elle-des incidences sur nos réflexions dans ce groupe de discussions ?

Bonne écoute !

Jean-François Jobin
75 days ago

Ce garçon de 12 ans est étonnant. Très doué et très sûr de lui. Exceptionnel comme le serait au même âge un champion du jeu d'échecs; autrement dit, pas vraiment représentatif de sa tranche d'âge. Il pose de bonnes questions quand il oppose à la difficulté de trouver des gens capables d'enseigner aux jeunes le développement des applications à la facilité qu'il y a à s'engager dans toutes sortes de sports. Mais je n'ose pas imaginer ce que serait un enseignement scolaire du développement d'applications...