Quel sera le rôle des enseignants dans 30 ans? Quelle formation devront-ils recevoir pour être en mesure de le tenir?
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Semaine 1 : La nouvelle e-cole publique

Jean-François Jobin
253 days ago

Dans 30 ans, en 2041, l'école publique ressemblera ou non à celle que nous connaissons. Dans ce forum, nous voulons imaginer qu'elle sera meilleure qu'aujourd'hui. Les élèves ne s'y ennuieront pas parce qu'ils trouveront du sens à ce qu'ils feront, ils développeront leurs compétences propres, ils collaboreront avec leur pairs, ils apprendront ce dont ils ont besoin pour leur avenir proche et plus lointain, car l'école les aura rendus capables d'apprendre tout au long de la vie. 

Nous l'appelons la nouvelle e-cole publique. E-cole parce qu'elle utilisera les ressources électroniques et les réseaux sociaux pour rechercher, colleter et échanger les informations et les contenus nécessaires aux apprentissages. Publique, parce que nous sommes attachés à l'école publique et que nous voulons réfléchir aux moyens de la faire évoluer de manière positive. On ira toujours à l'école en 2041, il y aura toujours des enseignantes et des enseignants, mais ils travailleront autrement, dans des structures qui auront évolué, et qui seront peut-être assez différentes de celles que nous connaissons actuellement.

Dans cette première semaine, je vous invite à imaginer les contours de cette nouvelle e-cole publique sachant que beaucoup d'éléments déterminants existent déjà : les capacités transversales sont un des éléments importants du Plan d'études romand; les réseaux sociaux et les ressources numériques existent également — mais, curieusement, ce sont des choses qui sont actuellement très peu valorisées dans les classes. 

Le débat est ouvert. Inscrivez-vous au besoin pour y participer.

Jean-François Jobin
253 days ago

 

Bien des aspects du paradigme actuel de l'éducation sont mis en lumière une petite vidéo de Sir Ken Robinson.

C'est en français et très bien illustré, comme vous vous en rendrez compte. Un vrai régal qui dure 11'43.

Ino Simitsek
253 days ago

Bonjour à tous,

Dans le groupe de discussion sur les Capacités Transversales dont j'étais l'animatrice, quelques pistes à suivre pour construire l'e-cole de 2041 ont été évoquées. Parmi elles, 2 pistes qui me paraissent incontournables:

- la nécessité de modifier le temps scolaire: nouvelle grille horaire, principe du temps mobile... L'école de 2041 se sera attaqué à ce qui rend le système immuable: la division en tranches horaires et en disciplines cloisonnées...

- la nécessité de créer une pédagogie nouvelle. Aujourd'hui déjà nous parlons du passage au Web3.0 et en terme de pédagogie de passage à la Pédagogie Digitale ou du Learning 1.0 au Learning 2.0 puis 3.0

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Vaste programme... Peut-être serait-il plus aisé de prendre comme point de départ les difficultés que nous repérons dans l'école d'aujourd'hui ce qui nous semble peu adapté quand nous nous plaçons dans une perspective future...  

I.S.

 

 

 

Hanna Muralt Müller
253 days ago

Cher Jean François, chère Ino

Toutes mes félicitations pour le début de cette discussion. Le petit film de Sir Ken Robinson montre en dix minutes dans quel direction notre e-cole devrait se développée. Et merci à toi, Ino, de mettre en évidence les deux points les plus forts qui devront caractérisés le futur de l’e-cole. Qu’est-ce que tu comprends sous « nouvelle pédagogique » ?

A mon avis, il y a deux points à ajouter :

1.    L’école est organisée dans des classes des écoliers du même âge. Comme jeune enseignante, j’avais une classe dans la région du haut Emmental : 12 élèves dans 7 classes différentes (à Neuligen près de Huttwil). J’ai beaucoup aimé l’esprit de famille et bien sûre, il ne restait pas une autre alternative que de travailler en commun, les ainées ont aidér aux plus jeunes et parfois c’était l’inverse. Aujourd’hui, on revient sur cette organisation (dans ces temps seulement toléré parce qu’il n’avait pas une « meilleure solution »). Le Forum Bildung a organisé en mars de cette année une soirée concernant l’idée du « altersdurchmischtes Lernen » (http://www.forumbildung.ch/web/veranstaltungen/archiv/2011/03/ . On a présenté en autre une école dans la ville de Zurich (école « Unterstrass » L http://www.gesamtschule-unterstrass.ch/ ).

2.    La standardisation est très problématique. Bien clair, il est indispensable que chaque écolier puisse connaitre l’état de son savoir, les progrès faits. Il faut un instrument d’évaluation. De l’autre côté, le film le montre clairement, la standardisation, pratiquée aujourd’hui mène dans la fausse direction

Hanna

Pierre-François Jeannerat
252 days ago

Bonjour Hanna, Ino et Jean-François,

après le délice du propos et l'émerveillement devant la qualité de l'animation proposée dans le film de Sir Ken Robertson, j'aurais tendance à adhérer immédiatement aux thèses présentées. Alors je reprends un peu mon souffle et je commenterai certains points dans un prochain billet.

Deux pistes d'évolution  se dessinent pour l'école aujourd'hui:

  • Dans les pays "nordiques" les classes sont hétérogènes et les enseignant-e-s travaillent en duo ou trio avec des effectifs relativement important. Le pensum de présence en classe est plus réduit que chez nous mais le temps supplémentaire sert à l'intervision, la co-élaboration des actions d'enseignement et d'apprentissage entre les personnes concernées. Et les tests PISA semblent donner raison à cette stratégie...

  • Le journal "LeTemps" a publié le jeudi 1er septembre un article (Avis de l'expert): Les notes à l'école sont un lourd facteur de démotivation. (Si le lien ne fonctionne pas il est possible de retrouver l'article avec votre moteur de recherche favori)

Comme le dit si bien Hanna nous avons besoin d'un instrument d'évaluation, mais lequel ? Caroline Pulfrey de l’Université de Lausanne et Céline Buchs de l’Université de Genève se posent la question dans leur recherche de l'effet des notes sur la motivation, et plus précisément sur les buts scolaires que les notes génèrent auprès des élèves.

"on pourrait formuler la question de cette manière: les notes motivent, d’accord… mais à faire quoi ?"

A lire et méditer absolument !

Raymond Morel
251 days ago

Si je dois imaginer l'école en 2041, je ne peux m'empêcher de supposer que les horaires de 32 heures auront enfin vécu.

A ce moment-là, je me risque à croire que près de la moitié des heures seront accomplies selon des modes nouveaux à inventer qui pivilégieront les cinq capacités transversales, utiliseront une pédagogie digitale à concevoir et à expérimenter (cf. mon intervention lors de la 3e semaine du forum sur les capacités transversales) - (surtout pas de mettre un peu de MITIC sur une pédagogie existante!). L'espace et le découpage du temps auront éclater, etc...,.(cf. mon intervention lors de la 3e semaine du forum sur les capacités transversales jusqu'à la grille 4 http://www.ict-21.ch/com-ict/IMG/jpg/grille4.jpg)

La part des activités "hors école" comme montré sur cette grille  4  aura ouvert l'école sur la société.

Mais ce qui est sûre c'est que le rôle de l'enseignant aura changé, aura muté, aura été réellement enfin transformé. Le moins que l'on puisse imaginer : il faudra anticiper ces changements comme l'avait proposé les commentaires après la grille 2 http://www.ict-21.ch/com-ict/IMG/jpg/grille2.jpg  et c'est là que nous allons nous retrouver au coeur du thème de ce groupe de discussion.

Jean-François Jobin
249 days ago

Merci pour vos précieuses interventions, dont je retiens pour le moment les éléments suivants :

  1. Il est impératif de modifier le temps scolaire en changeant la manière de vivre l'école. Diminution des leçons obligatoires et davantage de temps pour travailler autrement, par exemple en formation autonome accompagnée, en groupes formés en fonction d'un thème de recherche, à domicile, dans des lieux extra-scolaires, etc.
  2. Nécessité d'une pédagogie nouvelle, à inventer en partie, mais dont des éléments décisifs ont déjà été expérimentés, et qui mettra l'accent sur le développement des capacités transversales
  3. Nécessité également de rompre avec le groupe classe traditionnel, fondé sur la date de naissance et les impératifs administratifs visant à simplifier la gestion des élèves. Comme le dit Ken Robinson, il y a d'autres points communs plus significatifs que la date de fabrication des élèves (cet élément m'a particulièrement frappé dans son propos)
  4. Rupture avec les procédés classiques d'évaluation, alors que partout on met en place des soi-disant assurances qualité qui perturbent la relation pédagogique en obligeant les enseignants à régler leur travail sur la nécessité de faire passer des tests et des évaluations pré-normées qui permettent de régler les situations à coups de tableaux Excel
  5. Transformation du rôle des enseignants qui devront passer du statut de détenteurs du savoir à celui d'accompagnants capables de travailler en collaboration avec leurs collègues. Les connaissances étant désormais largement accessibles en dehors de l'école, il faut former les élèves à en évaluer la pertinence et la qualité, et à se les approprier dans le cadre d'apprentissages qui aient du sens pour eux.
J'espère n'avoir rien oublié d'important. Et comme il me semble qu'il y a encore des choses à dire sur les thèmes que je viens d'énumérer avant de passer plus loin, je décide de prolonger un peu la durée de cette semaine.

Hanna Muralt Müller
249 days ago

Cher Jean François,

Ton résumé est excellent. Aves les notes les écolières et écolier apprennent qu’il faut s’engager seulement là, où ça se compte (pour les notes, les examens).

Le but de l’école devrait être un autre : Les écolières et écoliers connaissent leur propres capacités, leurs intérêts, leurs « passions », ils apprennent parce qu’ils sont motivés et intéressés et ils savent qu’ils  développent leurs capacités pour trouver leurs place dans la vie, dans leurs professions ou métiers, comme citoyennes et citoyens.

Dans ta liste, on pourra ajouter le but de l’individualisation, l’encouragement individuel de chacun des élèves. Chacun, chacune est différent ou différente, a d’autres capacités, d’autres intérêts. Mais le temps de l’enseignant vis-à-vis sa classe est restreint.

Quel est le rôle des enseignants pour les aider à trouver leurs « chemin » ?

Hanna

Alan McCluskey
249 days ago

Merci beaucoup pour ce résumé, Jean-François.

Ce qui me frappe dans ton résumé, c'est à quel point ces éléments rejettent en partie ce que l'on appèle le curriculum caché de l'école. En voici quelques exemples. Les chiffres entre parenthèse pointent les items de la liste dans ton résumé.

  • L'apprentissage à besoin d'un lieu, d'un cadre et d'un temps fixe. (1, 3)
  • Le savoir s'acquiert le mieux quand c'est subdivisé en petits éléments maniables (2, 4)
  • Une valeur numérique peut être attribuée de manière significative à la qualité de l'apprentissage (4)
  • Pour apprendre on a besoin de l'accompagnement d'un expert désigné par l'institution (5)
  • Pour apprendre il faut suivre un chemin désigné par un expert (5)

Pour la liste complète et des explications, voir:  Nine lessons of schooling - http://www.connected.org/learn/nine-lessons.html

Dans la discussion au sujet de "dissolving boundaries" nous tentons d'élaborer d'autres prémices que ce "curriculum caché" sur lesquels une nouvelle approche institutionnelle de l'apprentissage serait possible. En voici quelques exemples:

  • L'éducation doit appuyer et encourager une approche holistique et interconnectée.
  • Puisque l'apprentissage est souvent mieux dans des groupes, l'éducation doit faciliter des groupes, des communautés de pratiques et l'échange entre pairs.
  • Les gens font leur mieux quand ils font ce qu'ils aiment, alors l'éducation doit favoriser et encourager la motivation intrinsèque.

Et pour rejoindre tes commentaires, Hanna:

  • L'éducation doit être batie sur le respect de l'individu et la richesse de la diversité.

Pour les prémices identifiées jusqu'à maintenant, voir:   What premises should learning be built on? - http://www.ict-21.ch/l4d/pg/pages/view/82928/ 

Au-delà de ces prémices, nous essayons dans "dissolving boundaries" d'imaginer quelle forme cette nouvelle structure pourrait avoir - http://www.ict-21.ch/l4d/pg/forum/topic/91674/ 

Jean-François Jobin
245 days ago

@ Hanna : tes remarques sur l'évaluation rejoignent les conclusions de l'article cité par Pierre-François. Tu as raison de souligner aussi l'importance d'un enseignement individualisé, qui n'est guère pris en compte par notre Zeitgeist marqué par la standardisation.

@ Alan : Merci de ces indications qui permettent de relier les différents réflexions en cours sur L4D. Si on milite pour une approche holistique, autant s'y mettre aussi dans ces forums.

Pour alimenter la suite du débat, deux séries de documents assez différents.

Le premier est le tout récent rapport  Regards sur l'éducation 2011 : Les indicateurs de l'OCDE, publié le 13 septembre dernier. 530 pages de données, de chiffres, d'indicateurs et d'analyses pour répondre à une trentaine de questions telles que

  • quel est le niveau de formation de la population adulte?
  • quel est le montant total des dépenses publiques d'éducation?
  • la transition entre les études et la vie active: où en sont les jeunes de 15 à 29 ans?
  • dans quelle mesure les établissements sont-ils responsabilisés?

 Le document est disponible en ligne et peut être téléchargé.

La deuxième série est peut-être le contre-poison de la première: deux TED talks de Ken Robinson (encore lui). Il y a de quoi rire (il a de l'humour) et de quoi pleurer (le gâchis humain causé par la standardisation). 

Pour rappel, il est possible d'afficher la traduction sous-titrée dans la langue de son choix. Ce ne sont pas des documents secrets: le premier a été vu plus de 6,5 millions de fois, et le deuxième par 1,5 millions de personnes. 

francois flueckiger
245 days ago

Bonjour à vous et merci de m’accueillir sur les pages de cette intéressante discussion. 

 Je me permets de revenir juste avant le dernier post de Jean-François (excuse-moi, j'ai préparé mon texte hors-ligne) pour rebondir sur une phrase énoncée par Hanna et reprise par Alan : «L'éducation doit être bâtie sur le respect de l'individu et la richesse de la diversité.» Une des évolutions majeures de nos sociétés me semble être justement le respect de chaque acteur du système éducatif en tant qu’individu à part entière, qu’il soit élève, parent, enseignant ou autre intervenant. Si cette évolution est en chemin, le dialogue entre ces différents acteurs n’en est qu’à ses débuts. Or plus ces acteurs sont hétérogènes, plus le dialogue est indispensable.

 Les possibilités d’interaction apparues avec l’avènement du web2, et en particulier des sites de réseautage social, peuvent judicieusement être utilisées pour favoriser ce dialogue. On peut raisonnablement imaginer qu’après une phase d’apprivoisement de ces facilitateurs d’expression et de dialogue, phase qui devrait durer encore quelques années, il sera naturel pour chacun de donner son avis sur son propre cheminement scolaire, sur celui de ses enfants ou de ses élèves, tout comme sur l’évolution de l’institution en général, et de partager cet avis en ligne avec les acteurs concernés. Une nouvelle culture de concertation et de transparence verra ainsi le jour, et cette culture servira de fondement à l’école du futur.

 Si, comme le remarque Jean-François dans l’introduction à notre réflexion, «les réseaux sociaux et les ressources numériques existent également — mais, curieusement, ce sont des choses qui sont actuellement très peu valorisées dans les classes», nous devons bien convenir que l’organisation même de l’école ne favorise pas l’éclosion de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner. Prenons l’exemple du jeu vidéo et postulons d’entrée de l’utilité d’utiliser ce média pour enseigner une matière nouvelle. D’une part, il est impossible de limiter une partie aux 45 minutes prévues dans nos grilles horaires, comme il est artificiel de «caser» les nombreux apprentissages effectués dans une seule matière. D’autre part, les échanges sociaux rendus possibles par le mode mutijoueurs ouvrent de nouvelles possibilités quant à l’apprentissage collaboratif, tout en redéfinissant profondément le rôle de l’enseignant face aux élèves et à la matière enseignée. La présence même des élèves dans un lieu défini est inappropriée, puisqu’elle oblige l’école à mettre à disposition des élèves et à entretenir une infrastructure technique relativement lourde et chère, alors que chaque élève dispose d’une infrastructure adéquate à son domicile.

Des élèves à qui il était demandé d’imaginer l’école du futur ont dessiné une redoutable machine à apprendre dont les plans sont malheureusement encore tenus secrets. Nul doute que de nombreux apprentissages rébarbatifs peuvent désormais être effectués de manière optimale à l’aide de ressources numériques d’apprentissage de qualité, et que les nouvelles RNA qui seront développées dans le futur seront encore plus performantes et intéressantes. L’utilisation de ces machines à apprendre -et à enseigner- devrait dégager du temps et des ressources pour proposer aux élèves une plus grande quantité d’activités sociales, artistiques et sportives. Des activités de découverte de soi, des autres et de son environnement proche et lointain. Dans ces domaines, la médiation de l’adulte restera toujours un plus indispensable.

 

Raymond Morel
244 days ago

Pour ma part je reste un peu sur ma faim dans ce forum car j aimerais bien avoir une liste pour ce nouveau rôle de l enseignant à l'horizon 2030-2040.
Et ensuite quelles sont les compétences à développer pour y arriver.

Dans les années 1970-1980 tout était aligné sur la discipline et les compétences scientifiques attestées par les diplômes. Depuis on a pris un virage sur l école, la vie de l'école pour elle-même souvent. Il me semble que le virage n est pas complet ...

Ino Simitsek
242 days ago

 

Pour mieux imaginer l'e-cole et l'enseignant à l'horizon 2030, je pense qu'il est important de se reposer la question de qu'est-ce-qui est en crise avec l'institution de l'école.

Michel Serres dans son dernier ouvrage explique le temps actuel: "Temps des crises" par le fait que nous avons changé le rapport au monde, à l'espace alors que nos institutions elles n'ont pas changé...
Ceci est sans doute le cas de l'école: elle a été pensée sans le numérique. Edgar Morin en 1999 définissait "les septs savoirs nécessaires à l'éducation du futur" et parlait de démarches transversales nourries par la systémique... Où en sommes nous aujourd'hui, 10 ans plus tard ? La culture numérique, le droit, la philosophie, la  rhétorique sont des savoirs considérés aujourd’hui essentiels.  Sont-ils à l'école ?

Répondre à ces questions de façon affirmative impliquerait que l'école ai déjà été l’objet de changements fondamentaux...
Au niveau du secondaire, le nouveau Plan d'Etudes Romand (rentrée 2011) place le développement des capacités transversales au même rang que l’acquisition des savoirs disciplinaires et de la formation générale. Peut-être est-ce là que s’amorce le virage de l’école ?
Le réussir passe par l’enseignant “mutant” et sa formation “nouvelle”. Pour ma part, je n’ai vu aucune annonce de formation continue en termes de capacités transversales ou je dirais plutôt en lien avec ce changement de perspective (quitter l’ère disciplinaire). La participation aux discussions de L4D m’a par contre énormément apporté en ce sens.  

Jean-François Jobin
241 days ago

Pour tirer un bilan provisoire de cette première étape de la discussion, je dirais que nous avons quelque peine à dessiner clairement les contours de ce que devrait être la nouvelle e-cole publique dans 30 ans.

Nous observons les limitations et les problèmes de l'école d'aujourd'hui, ses anachronismes, la difficulté à intégrer des outils puissants, qui existent depuis des années, mais dont l'usage entre en collision avec des habitudes parfois très anciennes.

L'école est en crise. Elle continue de produire un discours selon lequel la réussite scolaire est la garantie d'un emploi, alors qu'on voit bien que ce n'est plus le cas pour tous (et, suivant les pays, pour beaucoup). Ces difficultés, bien entendu, trouvent leur source dans l'écart toujours plus grand qui sépare les traditions scolaires et les évolutions économiques et sociales. Pas étonnant que de nombreuses personnes entretiennent la nostalgie de l'école d'autrefois, qui leur avait si bien réussi.

Pour ma part, d'ailleurs, je ne suis pas prêt à renoncer à tout ce que l'école apporte comme formation de la personne, de son autonomie morale et citoyenne, pour me précipiter sur des projets mal définis. Il me paraît cependant que cette mission qu'on dira "humaniste" de l'école peut gagner en impact si les enseignants affrontent les situations d'aujourd'hui. Jusqu'à nouvel avis, la classe demeure et, devant la classe, il y a un enseignant, une enseignante qui donne le ton, qui décide de ce qui doit être fait (dans certaines limites), et qui se sent souvent mal outillé ou insuffisamment formé pour affronter la complexité sans perdre ses élèves en route, et sans se contenter de s'adresser uniquement aux plus doués.

On en revient donc au rôle de l'enseignant et à sa formation. Ce sont les enseignants qui font l'école: tel est le titre que j'ai donné à la deuxième phase de notre débat. Je vous invite à la rejoindre.