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Jean-François Jobin |
Dans 30 ans, en 2041, l'école publique ressemblera ou non à celle que nous connaissons. Dans ce forum, nous voulons imaginer qu'elle sera meilleure qu'aujourd'hui. Les élèves ne s'y ennuieront pas parce qu'ils trouveront du sens à ce qu'ils feront, ils développeront leurs compétences propres, ils collaboreront avec leur pairs, ils apprendront ce dont ils ont besoin pour leur avenir proche et plus lointain, car l'école les aura rendus capables d'apprendre tout au long de la vie. Nous l'appelons la nouvelle e-cole publique. E-cole parce qu'elle utilisera les ressources électroniques et les réseaux sociaux pour rechercher, colleter et échanger les informations et les contenus nécessaires aux apprentissages. Publique, parce que nous sommes attachés à l'école publique et que nous voulons réfléchir aux moyens de la faire évoluer de manière positive. On ira toujours à l'école en 2041, il y aura toujours des enseignantes et des enseignants, mais ils travailleront autrement, dans des structures qui auront évolué, et qui seront peut-être assez différentes de celles que nous connaissons actuellement. Dans cette première semaine, je vous invite à imaginer les contours de cette nouvelle e-cole publique sachant que beaucoup d'éléments déterminants existent déjà : les capacités transversales sont un des éléments importants du Plan d'études romand; les réseaux sociaux et les ressources numériques existent également — mais, curieusement, ce sont des choses qui sont actuellement très peu valorisées dans les classes. Le débat est ouvert. Inscrivez-vous au besoin pour y participer. |
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Jean-François Jobin |
Bien des aspects du paradigme actuel de l'éducation sont mis en lumière une petite vidéo de Sir Ken Robinson. C'est en français et très bien illustré, comme vous vous en rendrez compte. Un vrai régal qui dure 11'43. |
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Hanna Muralt Müller |
Cher Jean François, chère Ino Toutes mes félicitations pour le début de cette discussion. Le petit film de Sir Ken Robinson montre en dix minutes dans quel direction notre e-cole devrait se développée. Et merci à toi, Ino, de mettre en évidence les deux points les plus forts qui devront caractérisés le futur de l’e-cole. Qu’est-ce que tu comprends sous « nouvelle pédagogique » ? A mon avis, il y a deux points à ajouter : 1. L’école est organisée dans des classes des écoliers du même âge. Comme jeune enseignante, j’avais une classe dans la région du haut Emmental : 12 élèves dans 7 classes différentes (à Neuligen près de Huttwil). J’ai beaucoup aimé l’esprit de famille et bien sûre, il ne restait pas une autre alternative que de travailler en commun, les ainées ont aidér aux plus jeunes et parfois c’était l’inverse. Aujourd’hui, on revient sur cette organisation (dans ces temps seulement toléré parce qu’il n’avait pas une « meilleure solution »). Le Forum Bildung a organisé en mars de cette année une soirée concernant l’idée du « altersdurchmischtes Lernen » (http:/ 2. La standardisation est très problématique. Bien clair, il est indispensable que chaque écolier puisse connaitre l’état de son savoir, les progrès faits. Il faut un instrument d’évaluation. De l’autre côté, le film le montre clairement, la standardisation, pratiquée aujourd’hui mène dans la fausse direction Hanna |
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Pierre-François Jeannerat |
Bonjour Hanna, Ino et Jean-François, après le délice du propos et l'émerveillement devant la qualité de l'animation proposée dans le film de Sir Ken Robertson, j'aurais tendance à adhérer immédiatement aux thèses présentées. Alors je reprends un peu mon souffle et je commenterai certains points dans un prochain billet. Deux pistes d'évolution se dessinent pour l'école aujourd'hui:
Comme le dit si bien Hanna nous avons besoin d'un instrument d'évaluation, mais lequel ? Caroline Pulfrey de l’Université de Lausanne et Céline Buchs de l’Université de Genève se posent la question dans leur recherche de l'effet des notes sur la motivation, et plus précisément sur les buts scolaires que les notes génèrent auprès des élèves. "on pourrait formuler la question de cette manière: les notes motivent, d’accord… mais à faire quoi ?" A lire et méditer absolument ! |
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Raymond Morel |
Si je dois imaginer l'école en 2041, je ne peux m'empêcher de supposer que les horaires de 32 heures auront enfin vécu. A ce moment-là, je me risque à croire que près de la moitié des heures seront accomplies selon des modes nouveaux à inventer qui pivilégieront les cinq capacités transversales, utiliseront une pédagogie digitale à concevoir et à expérimenter (cf. mon intervention lors de la 3e semaine du forum sur les capacités transversales) - (surtout pas de mettre un peu de MITIC sur une pédagogie existante!). L'espace et le découpage du temps auront éclater, etc...,.(cf. mon intervention lors de la 3e semaine du forum sur les capacités transversales jusqu'à la grille 4 http:/ La part des activités "hors école" comme montré sur cette grille 4 aura ouvert l'école sur la société. Mais ce qui est sûre c'est que le rôle de l'enseignant aura changé, aura muté, aura été réellement enfin transformé. Le moins que l'on puisse imaginer : il faudra anticiper ces changements comme l'avait proposé les commentaires après la grille 2 http:/ |
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Alan McCluskey |
Merci beaucoup pour ce résumé, Jean-François. Ce qui me frappe dans ton résumé, c'est à quel point ces éléments rejettent en partie ce que l'on appèle le curriculum caché de l'école. En voici quelques exemples. Les chiffres entre parenthèse pointent les items de la liste dans ton résumé.
Pour la liste complète et des explications, voir: Nine lessons of schooling - http:/ Dans la discussion au sujet de "dissolving boundaries" nous tentons d'élaborer d'autres prémices que ce "curriculum caché" sur lesquels une nouvelle approche institutionnelle de l'apprentissage serait possible. En voici quelques exemples:
Et pour rejoindre tes commentaires, Hanna:
Pour les prémices identifiées jusqu'à maintenant, voir: What premises should learning be built on? - http:/ Au-delà de ces prémices, nous essayons dans "dissolving boundaries" d'imaginer quelle forme cette nouvelle structure pourrait avoir - http:/ |
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Jean-François Jobin |
@ Hanna : tes remarques sur l'évaluation rejoignent les conclusions de l'article cité par Pierre-François. Tu as raison de souligner aussi l'importance d'un enseignement individualisé, qui n'est guère pris en compte par notre Zeitgeist marqué par la standardisation. @ Alan : Merci de ces indications qui permettent de relier les différents réflexions en cours sur L4D. Si on milite pour une approche holistique, autant s'y mettre aussi dans ces forums. Pour alimenter la suite du débat, deux séries de documents assez différents. Le premier est le tout récent rapport Regards sur l'éducation 2011 : Les indicateurs de l'OCDE, publié le 13 septembre dernier. 530 pages de données, de chiffres, d'indicateurs et d'analyses pour répondre à une trentaine de questions telles que
Le document est disponible en ligne et peut être téléchargé. La deuxième série est peut-être le contre-poison de la première: deux TED talks de Ken Robinson (encore lui). Il y a de quoi rire (il a de l'humour) et de quoi pleurer (le gâchis humain causé par la standardisation).
Pour rappel, il est possible d'afficher la traduction sous-titrée dans la langue de son choix. Ce ne sont pas des documents secrets: le premier a été vu plus de 6,5 millions de fois, et le deuxième par 1,5 millions de personnes. |
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Ino Simitsek |
Pour mieux imaginer l'e-cole et l'enseignant à l'horizon 2030, je pense qu'il est important de se reposer la question de qu'est-ce-qui est en crise avec l'institution de l'école.
Michel Serres dans son dernier ouvrage explique le temps actuel: "Temps des crises" par le fait que nous avons changé le rapport au monde, à l'espace alors que nos institutions elles n'ont pas changé... Ceci est sans doute le cas de l'école: elle a été pensée sans le numérique. Edgar Morin en 1999 définissait "les septs savoirs nécessaires à l'éducation du futur" et parlait de démarches transversales nourries par la systémique... Où en sommes nous aujourd'hui, 10 ans plus tard ? La culture numérique, le droit, la philosophie, la rhétorique sont des savoirs considérés aujourd’hui essentiels. Sont-ils à l'école ? Répondre à ces questions de façon affirmative impliquerait que l'école ai déjà été l’objet de changements fondamentaux... Au niveau du secondaire, le nouveau Plan d'Etudes Romand (rentrée 2011) place le développement des capacités transversales au même rang que l’acquisition des savoirs disciplinaires et de la formation générale. Peut-être est-ce là que s’amorce le virage de l’école ? Le réussir passe par l’enseignant “mutant” et sa formation “nouvelle”. Pour ma part, je n’ai vu aucune annonce de formation continue en termes de capacités transversales ou je dirais plutôt en lien avec ce changement de perspective (quitter l’ère disciplinaire). La participation aux discussions de L4D m’a par contre énormément apporté en ce sens. |
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Jean-François Jobin |
Pour tirer un bilan provisoire de cette première étape de la discussion, je dirais que nous avons quelque peine à dessiner clairement les contours de ce que devrait être la nouvelle e-cole publique dans 30 ans. Nous observons les limitations et les problèmes de l'école d'aujourd'hui, ses anachronismes, la difficulté à intégrer des outils puissants, qui existent depuis des années, mais dont l'usage entre en collision avec des habitudes parfois très anciennes. L'école est en crise. Elle continue de produire un discours selon lequel la réussite scolaire est la garantie d'un emploi, alors qu'on voit bien que ce n'est plus le cas pour tous (et, suivant les pays, pour beaucoup). Ces difficultés, bien entendu, trouvent leur source dans l'écart toujours plus grand qui sépare les traditions scolaires et les évolutions économiques et sociales. Pas étonnant que de nombreuses personnes entretiennent la nostalgie de l'école d'autrefois, qui leur avait si bien réussi. Pour ma part, d'ailleurs, je ne suis pas prêt à renoncer à tout ce que l'école apporte comme formation de la personne, de son autonomie morale et citoyenne, pour me précipiter sur des projets mal définis. Il me paraît cependant que cette mission qu'on dira "humaniste" de l'école peut gagner en impact si les enseignants affrontent les situations d'aujourd'hui. Jusqu'à nouvel avis, la classe demeure et, devant la classe, il y a un enseignant, une enseignante qui donne le ton, qui décide de ce qui doit être fait (dans certaines limites), et qui se sent souvent mal outillé ou insuffisamment formé pour affronter la complexité sans perdre ses élèves en route, et sans se contenter de s'adresser uniquement aux plus doués. On en revient donc au rôle de l'enseignant et à sa formation. Ce sont les enseignants qui font l'école: tel est le titre que j'ai donné à la deuxième phase de notre débat. Je vous invite à la rejoindre. |