Après les discussions des quatre semaines

voici la SYNTHÈSE GÉNÉRALE
Ce forum, ouvert le 5 septembre, devait initialement durer 4 semaines. La lenteur du démarrage du débat et un problème de santé du modérateur en ont prolongé la vie jusqu'en décembre. 9 personnes ont participé au débat.
Point de départ : 1981 - 2011- 2041
Le World Wide Web a 20 ans cette année. L'an prochain, nous fêterons le 30e anniversaire de la définition du protocole TCP/IP et du mot « Internet »). En 1981, nous n'avions pas la moindre idée de la plupart des choses qui ont pris place dans notre vie quotidienne. La nouveauté dont on parlait était le magnétoscope, qui a pratiquement disparu aujourd'hui. Pas de PC, pas de tablettes, pas de smartphones, pas d'Internet. Question : ces outils ont-ils modifié les manières d'enseigner et d'apprendre? Or la société a changé, et les élèves aussi. Bien des aspects du paradigme actuel de l'éducation sont mis en lumière dans les propos très illustrés de Sir Ken Robinson http:/
Dans 30 ans, en 2041, nous ne savons pas si l'école publique ressemblera ou non à celle que nous connaissons. Dans ce forum, nous avons voulu postuler qu'elle sera meilleure qu'aujourd'hui. Les élèves ne s'y ennuieront pas ; ils trouveront du sens à ce qu'ils feront, ils développeront leurs compétences propres, ils collaboreront avec leur pairs, ils apprendront ce dont ils ont besoin pour leur avenir proche et plus lointain, ils continueront d'apprendre tout au long de leur vie.
Nous l'appelons e-cole parce qu'elle utilisera les ressources électroniques et les réseaux sociaux pour rechercher, collecter et échanger les informations et les contenus nécessaires aux apprentissages. Publique, parce que nous sommes attachés à l'école publique et que nous voulons réfléchir aux moyens de la faire évoluer de manière positive. On ira toujours à l'école en 2041, il y aura toujours des enseignantes et des enseignants, mais ils travailleront autrement, dans des structures qui auront évolué, et qui seront peut-être très différentes de celles que nous connaissons actuellement.
1. La nouvelle e-cole publique
L'école est en crise. Elle continue de produire un discours selon lequel la réussite scolaire est la garantie d'un emploi, alors qu'on voit bien que ce n'est plus le cas pour tous. Ces difficultés, bien entendu, trouvent leur source dans l'écart toujours plus grand qui sépare les traditions scolaires et les évolutions économiques et sociales. Pas étonnant que de nombreuses personnes entretiennent la nostalgie de l'école d'autrefois, qui leur avait si bien réussi.
[Pour ma part, d'ailleurs, je ne suis pas prêt à renoncer à tout ce que l'école apporte comme formation de la personne, de son autonomie morale et citoyenne, pour me précipiter sur des projets mal définis. Il me paraît cependant que cette mission qu'on dira "humaniste" de l'école peut gagner en impact si les enseignants affrontent les situations d'aujourd'hui. Mais ils se sentent souvent mal outillés ou insuffisamment formés pour affronter la complexité sans perdre ses élèves en route et sans se contenter de s'adresser uniquement aux plus doués.]
Nous disposons aujourd'hui d'outils et de moyens puissants pour faire évoluer l'école vers l'e-cole. Le nouveau Plan d'étude romand est le fondement possible d'une nouvelle e-cole publique. Les capacités transversales y sont l'un des trois axes de l'enseignement et des apprentissages. Ajoutons les technologies déjà disponibles aujourd'hui — qui n'ont plus rien de nouveau. Gérard Berry à propos de l'informatique : Il faut donc cesser de l’appeler une « nouvelle technologie » : si cette expression a encore un sens pour les adultes du XXe siècle, elle n’en aura jamais pour les enfants du XXIe siècle, ceux à qui l’enseignement secondaire s’adresse. Ils ne pourront comprendre l’avant-informatique que par les cours d’histoire.
Mais l'organisation même de l’école ne favorise pas l’éclosion de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner. Un participant cite un exemple parmi d'autres, le jeu vidéo : postulons d’entrée l’utilité d’utiliser ce média pour enseigner une matière nouvelle. Mais, d’une part, il est impossible de limiter une partie aux 45 minutes prévues dans nos grilles horaires, comme il est artificiel de «caser» les nombreux apprentissages effectués dans une seule matière. D’autre part, les échanges sociaux rendus possibles par le mode mutijoueurs ouvrent de nouvelles possibilités quant à l’apprentissage collaboratif, tout en redéfinissant profondément le rôle de l’enseignant face aux élèves et à la matière enseignée. La présence même des élèves dans un lieu défini est inappropriée, puisqu’elle oblige l’école à mettre à disposition des élèves et à entretenir une infrastructure technique relativement lourde et chère, alors que chaque élève dispose d’une infrastructure adéquate à son domicile.
Au préalable, il faut faire tomber les barrières et les coutumes qui s'opposent à un apprentissage collaboratif :
• la standardisation de l'enseignement pour en faciliter le monitorage,
• l'évaluation par un système de notes qui encourage le bachotage au détriment des apprentissages réels et qui renforce la démotivation des élèves
• le parasitage de la relation pédagogique par la nécessité de fournir des données pour le monitorage du système et des notes en suffisance pour les bulletins scolaires.
• le curriculum caché de l'école actuelle, selon lequel (1) 'apprentissage à besoin d'un lieu, d'un cadre et d'un temps fixe, (2) le savoir s'acquiert le mieux quand c'est subdivisé en petits éléments maniables, (3) une valeur numérique peut être attribuée de manière significative à la qualité de l'apprentissage (4) pour apprendre on a besoin de l'accompagnement d'un expert désigné par l'institution, (5) pour apprendre il faut suivre un chemin désigné par un expert.
Quelques pistes ont été signalées :
- travailler avec des groupes hétérogènes, comme les classes à degré multiples, où la collaboration est incontournable
- dans le cas de grandes classes dont plusieurs enseignants doivent s'occuper, la collaboration entre enseignants s'occupant des mêmes élèves facilite l'intervision, l'échange d'expériences, et casse la solitude souvent extrême dans laquelle certains doivent travailler.
- l'éducation doit être bâtie sur le respect de chaque acteur du système éducatif en tant qu’individu à part entière, qu’il soit élève, parent, enseignant ou autre intervenant. Les possibilités d’interaction apparues avec l’avènement du web2, et en particulier des sites de réseautage social, peuvent judicieusement être utilisées pour favoriser ce dialogue.
Autrement dit :
1. modification du temps scolaire pour changer la manière de vivre l'école. Nouvelle grille horaire, diminution des leçons obligatoires et davantage de temps pour travailler autrement, par exemple en formation autonome accompagnée, en groupes formés en fonction d'un thème de recherche, à domicile, dans des lieux extra-scolaires, etc. Temps mobile en fonction de la nature des enseignements et apprentissage à conduire. L'e-cole de 2041 se sera attaquée à ce qui rend le système immuable: la division en tranches horaires et en disciplines cloisonnées...
2. mise en place d'une pédagogie nouvelle, à inventer en partie, mais dont des éléments décisifs ont déjà été expérimentés, et qui mettra l'accent sur le développement des capacités transversales. Aujourd'hui déjà nous parlons du passage au Web3.0 et en terme de pédagogie de passage à la Pédagogie Digitale ou du Learning 1.0 au Learning 2.0 puis 3.0. Approche holistique et interconnectée. Puisque l'apprentissage est souvent mieux dans des groupes, l'éducation doit faciliter des groupes, des communautés de pratiques et l'échange entre pairs. Elle doit également favoriser et encourager la motivation intrinsèque des élèves, car c'est alors qu'ils font de leur mieux.
3. rupture avec le groupe classe traditionnel, fondé sur la date de naissance et les impératifs administratifs visant à simplifier la gestion des élèves. Comme le dit Ken Robinson, il y a d'autres points communs plus significatifs que la date de fabrication des élèves (cet élément m'a particulièrement frappé dans son propos)
4. rupture avec les procédés classiques d'évaluation qui s'opposent à un apprentissage collaboratif (voir ci-dessus)
5. transformation du rôle des enseignants qui devront passer du statut de détenteurs du savoir à celui d'accompagnants capables de travailler en collaboration avec leurs collègues. Les connaissances étant désormais largement accessibles en dehors de l'école, il faut former les élèves à en évaluer la pertinence et la qualité, et à se les approprier dans le cadre d'apprentissages qui aient du sens pour eux.
Signalons que deux autres forums de L4D ont pour leur part dégagé des pistes intéressantes : celui consacré aux Capacités transversales, animé par Ino Simitek, et le forum intitulé Learning in dissolving boundaries, animé par Alan McCluskey. Nous en avons tenu compte ici.
2. Ce sont les enseignants qui font l'école
Cette deuxième phase du forum s'est signalée par l'absence de toute contribution de ses membres. Peut-être le débat a-t-il été mal lancé, peut-être la question est-elle trop difficile. Le titre vient du slogan utilisé par un syndicat d'enseignants. Les enseignants sont-ils vraiment les seuls à "faire l'école", ou sont-ils eux-mêmes un produit de l'école, dans une figure circulaire qui les contraindrait à reproduire ce qu'ils ont suffisamment apprécié dans leur propre formation pour avoir le désir de se lancer dans le métier ? Dans ce cas, comment peuvent-ils reprendre la main ? Ces questions restent ouvertes.
3. Quels rôles pour les enseignants dans 30 ans - et quelle formation pour les y préparer ?
Nous avons internet, nous avons les réseaux sociaux et des terminaux dans nos poches qui nous mettent en contact avec tout cela. Nous avons Google, nous avons Wikipedia, nous avons YouTube, nous avons Twitter et Facebook, nous avons une quantité de ressources aisément accessibles dans tous les domaines. Imaginons les usages que pourrait en faire la nouvelle e-cole publique enfin décomplexée à cet égard. et voyons comment former les enseignants qui se serviront de ces outils pour favoriser les apprentissages de leurs élèves et l'acquisition de ces fameuses capacités transversales.
La solution ne consiste pas à agrémenter la pédagogie actuelle avec des moyens MITIC. Pour un des membres du forum, c'est tout le rôle de l'enseignant qui doit être reconsidéré : «il sera non seulement celui d'un utilisateur de réseaux sociaux mais également d'un organisateur et modérateur d'activités "à distance"». Les capacités transversales ne sont pas réservées aux élèves: l'enseignant en quelque sorte montrer l'exemple dans sa pratique : il est créatif, il utilise différentes stratégies d'apprentissage, il les conduit en collaborant et en communiquant, il en assure le suivi avec une démarche réflexive dans le contexte d'une pédagogie digitale à inventer. «Il sera coach, mentor, accompagnateur et facilitateur d'apprentissages dans des postures fort différentes d'un enseignant "traditionnel" actuel ...» Il faut rappeler que éduquer, educare, c'est conduire dehors, libérer en quelque sorte.
Faut-il rappeler que tous les élèves qui entrent à l'école sont nés au XXIe siècle? En forçant à peine le trait, on peut dire que les enseignants ont tous un siècle de retard sur leurs élèves. On peut s'en féliciter en se disant qu'ainsi, au moins, il y aura quelqu'un pour faire comprendre aux élèves que le monde n'est pas né avec eux, mais on ne peut pas non plus faire l'impasse sur les conséquences d'une situation sans précédent. Il y a 100 ans, le savoir était transmis par les enseignants et les livres permettaient d'aller plus loin. Aujourd'hui, tout le savoir est sur le net, la notion même de livre est en mutation, et les enseignants ne peuvent plus croire que le savoir qu'ils transmettent aura la priorité sur le reste. En revanche, on ne se préoccupe pas assez de donner aux élèves ce dont ils ont besoin pour que leur "libre" accès au savoir devienne intelligent. Et si l'on veut que les jeunes qui ont terminé leur formation soient capables de relever les défis à venir de manière créative et innovante, n'est-il pas indispensable que cela ait été exercé tout au long de cette formation? Hélas, ce n'est pas tojours le genre de la maison "école".
Le site teaching2030.org ne se projette pas aussi loin que 2041, mais les new basics for all students ne sont rien d'autre que les capacités transversales : communication, collaboration, réflexion critique, résolution créative des problèmes. Leur correspondent des enseignants efficaces, capables de travailler avec des élèves d'origines différentes, qui connaissent Google; capables de relier leur enseignement avec les besoins de la communauté, et d'aider les élèves à suivre et évaluer (monitorer) leurs apprentissages. Bien entendu, il faut pour cela des conditions cadre institutionnelles solides : des finances publiques favorisant la formation, la collaboration de tous les partenaires de la formation et des conditions d'engagement et de reconnaissance qui renforcent l'attractivité du métier d'enseignant.
Dans l'intervalle, rappelle un autre participant, on peut proposer des mesures, même mineures, qui peuvent être appliquées ici et maintenant pour favoriser une réflexion pédagogique ainsi que l'acquisition des ces fameuses compétences transversales :
• mettre les cours en ligne
• les rendre accessibles à chacun et à chaque établissement
• proposer de l'appui en ligne
• promouvoir l'interactivité
• autoriser internet aux examens.
4. Comment orienter dès aujourd'hui la formation des enseignants dans l'optique 2041 ?
Des réponses aux questions qui nous préoccupent sont nécessaires et sont urgentes. Si l'on veut éviter que les entreprises prennent peu à peu le contrôle des moyens d'enseignement et donc de l'enseignement, il faut agir sans tarder. Swisscom, Microsoft, Apple et d'autres sociétés prétextent leur "responsabilité sociale" pour justifier leurs interventions dans l'instruction publique, mais les cantons romands, pour le moment, ne sont entrés en matière que pour un certain nombre de prestations spécifiques: les liaisons internet par Swisscom, et les réductions de prix pour enseignents/écoles/élèves chez les fabricants d'ordinateurs et éditeurs de logiciels.
La revue Futuribles a publié en novembre 2011 un dossier sur "Le numérique à l'école en France". Raymond Morel a mis en ligne de nombreuses citations tirés de cette livraison, dont on peut retenir les éléments clés suivants.
Apprendre à l'âge numérique (Paul Mathias)
• la leçon traditionnelle fait penser à la tragédie, car elle respecte la règle des trois unités de temps (celui de la leçon), de lieu (la classe) et d'action (un maître enseignant une discipline à un groupe d'élèves de la même catégorie. Or le savoir est omniprésent, accessible n'importe où et à tout moment.
• Les frontières de l'école se dissolvent et l'école n'est plus la référence ou le principe organisationnel unique des savoirs et de leur enseignement, ni même des pratiques pédagogiques
• Les supports numériques ne sont pas de nouveaux supports pour des tâches anciennes. Le numérique provoque un changement de paradigme dans l'éducation et les apprentissages scolaires, une mutation du processus même de la connaissance, de sa nature et de son horizon. L'école devrait donc enseigner autrement d'autres contenus, et c'est un défi qu'elle ne semble pas prête à relever.
• les enseignants ont un savoir disciplinaire démesuré et inutile (?), mais des compétences insuffisantes dans les modalités de traitement de l'information et la maîtrise des processus cognitifs. Constituent-ils une espèce en voie d'extinction ou simplement d'adaptation ?
• la pensée change avec l'informatique et les réseaux : elle se produit autrement, elle se dissémine autrement, elle est différente
• au fond, l'école n'est plus dans l'école, mais [aussi] en dehors de l'école, «parce que l'intelligence et les outils sémantiques à la source de toute formation se situent désormais aussi bien dans l'institution que dans la vie, aussi bien dans la relation pédagogique proprement dite que dans les relations sociales dont nous sommes tous enveloppés»
• «Les capacités, connaissances et compétences requises par l'espace contemporain des savoirs ne ressortissent plus à l'érudition, [aux ]livres ni même aux vastes synthèses intellectuelles sur lesquelles s'est classiquement fondée l'excellence »
• il ne suffit pas d'ajouter des MITIC dans un enseignement traditionnel pour sauver la mise. « Une chose est sûre : c'est là une affaire d'écriture et de code, et non pas de ‘tablettes’ ou de ‘clefs USB’ ».
Le numérique investit l'école dans toutes ses dimensions (Alain-Marie Bassy)
Le numérique, c'est beaucoup de choses à la fois : un environnement de pratiques sociales (la "société numérique"), une infrastructure technique, un support d'inscription, un contenu, un mode de transmission, donc un mode d'accès, un type de pratique ou d'usage. Tous ces éléments transforment la pédagogie et l'organisation du système éducatif :
• nouvelles manières d'apprendre et d'enseigner
• fonctionnement en réseau, transdisciplinarité, collaboration, relation pédagogique interactive
• modes d'évaluation dans la durée, nouveau statut d el'erreur
• apparition d'une ingénierie éducative, production de nouvelles ressources pédagogiques
• nouvelle répartition des rôle entre l'auteur, le producteur, le prescripteur, l'utilisateur et l'élève.
« Toutes les dimensions du temps et de l'espace scolaires se trouvent modifiées : la classe, l'école, l'établissement existent désormais, en réseau, hors les murs. » « Ces évolutions de la pédagogie doivent être prises en charge, voire anticipées par le système de formation des maîtres, afin de renforcer l'adéquation entre l'offre et la pratique. »
Le numérique remet donc en cause l'organisation pédagogique de l'école, mais il renforce aussi son attractivité. Il y a ici une opportunité à saisir par les établissements scolaires, car ils occupent «une place centrale dans le processus de mise en œuvre d'une stratégie numérique à vocation pédagogique». « La capacité à bâtir une stratégie numérique pour l'établissement apparaît comme une composante essentielle de son autonomie.»
« Que conclure au terme de ce questionnement ? Qu'il faut sans doute déjouer les évidences et les illusions technicistes. Le numérique n'est ni un simple outil ni un outil simple. Avec lui s'installent une autre logique, une autre dimension, une autre pédagogie, une autre gouvernance, un autre modèle d'organisation, une autre perception des savoirs. Et comme toujours, lorsqu'il s'agit de l'École, cela, bien entendu, s'apprend.... »
Apprendre à l'heure du web 2.0 (Christine Redecker et Yves Punie)
Les auteurs livrent ici les principaux résultats d’une étude de l’IPTS sur le learning 2.0., autrement dit sur l’usage du Web 2.0 et en particulier des médias sociaux dans l’éducation, et le rôle qu’ils peuvent jouer pour améliorer les apprentissages et stimuler les innovations.
Les médias sociaux offrent des occasions d'apprendre flexibles, dynamiques, souvent plus attrayantes que les dispositifs traditionnels. Cela vaut essentiellement pour la nouvelle génération, celle des autochtones du numérique, des digital natives, des apprenants du nouveau millénaire.
Les médias sociaux s'articulent autour de quatre concepts qui commencent par l'initiale C :
1. une très grande variété de contenus souvent librement accessibles propres à soutenir l'apprentissage et le perfectionnemetn professionnel
2. les médias sociaux permettent aux utilisateurs de créer eux-mêmes de nouveaux contenus et de les publier en ligne
3. ils connectent (relient) les apprenants les uns avec les autres, aux enseignants et aux experts, grâce à quoi ils peuvent puiser dans les connaissances tacites de leurs pairs et accéder à des connaissances hautement spécifiques et ciblées dans un domaine particulier
4. ils favorisent la collaboration entre apprenants et enseignants et permettent de réunir des ressources et de l'expertise et le potentiel de tout un groupe pour atteindre un objectif commun.
[Si les élèves d'aujourd'hui nous paraissent moins bons que ceux d'il y a quelques années, c'est peut-être parce qu'ils ont développé des compétences que l'école considère comme non pertinentes, et que leurs devanciers n'avaient pas - l'école n'est pas tout entière dans les bâtiments scolaires et nous aurions ainsi l'illustration que les apprentissages ont changé de bien des manières.
Or les enseignants sont au point focal du problème et de sa possible solution. Mais pour cela, ils ont besoin d'une formation qui prenne en compte cette situation nouvelle, qui bouge et qui bougera encore. La perpétuation des anciens modes de formation et d'enseignement ne fait qu'accentuer le fossé qui sépare les enseignants des apprenants — mais avec cette différence, quelle chance! que les enseignants aujourd'hui en formation ont grandi avec les technologies et le développement du web 2.0.]
Un nouveau référentiel de compétences pour les enseignants (TIC UNESCO)
Comme le souligne une participante au forum, si l'on veut transformer l'école en une véritable organisation apprenante, l'enseignant doit devenir un apprenant modèle, un créateur de savoirs, un expérimentateur innovant. En effet, selon TIC UNESCO : un référentiel de compétences pour les enseignants, publié en 2011, il est nécessaire mais pas suffisant que les enseignants bénéficient de compétences TIC et sachent les transmettre à leurs élèves. En effet, il est tout aussi essentiel que les enseignants soient capables d'aider leurs élèves à entrer dans une démarche d'apprentissage collaboratif, de créativité et de résolution de problèmes grâce à l'usage des TIC «afin qu'ils deviennent des acteurs efficaces de la société et de l'économie».
C'est pourquoi le référentiel de l'UNESCO s'articule autour de trois étapes successives de la formation d'un enseignant:
- l'alphabétisation technologique: les élèves [oui, les élèves] utilisent les TIC en vue d'un apprentissage plus efficace
- l'approfondissement des connaissances : les élèves acquièrent des connaissances approfondies dans les disciplines qu'ils utilisent à l'école et les appliquent à résoudre des problèmes complexes et concrets
- la création de connaissances : les élèves, citoyens et acteurs futurs de l'économie, créent les nouveaux savoirs indispensables pour bâtir des sociétés plus harmonieuses, enrichissantes et prospères.
Le document développe les différents aspects de la formation d'enseignants capables d'avoir des élèves qui agissent comme on vient de le dire. En deux mots, il importe qu'ils apprennent à faire eux-mêmes, à leur niveau d'adultes enseignants, ce qu'ils vont transmettre à leurs élèves.
Et vous savez quoi ? Pour l'essentiel, on retrouve bien des traits des capacités transversales dont nous avons parlé au début. Le PER est une chance à saisir, sans être à lui-même toute la solution. Il se trouve que la Suisse est remarquablement peu présente dans toutes les recherches évoquées ci-dessus : il y a toujours un trou au milieu de l'Europe, pour lequel les données manquent...
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Last updated 161 days ago by Raymond Morel